Le Blog "Des cousins au bout du monde"

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lundi 19 octobre 2009

En route pour la citée perdue des Incas

route macchu piccu

Quelques heures de car depuis Cusco et nous changeons radicalement de décors. Après être passé par un col de 4800m, avoir une fois de plus surplombé les nuages, nous redescendons, le désagrément de l'altitude disparaît doucement à mesure que le car chemine vers de nouveaux paysages. Plus nous avançons, plus le paysage s'enrichit d'arbres, de végétation, de ruisseau, de petites cascades. Nous traversons une palmeraie, les feuilles géantes recouvrent les vitres toutes entières. Je ne sais pas où je suis. Comme en Bolivie, le car marque des arrêts dans de petits villages, où au milieu de la route, sans aucune annonce pour nous indiquer où nous nous trouvons. Des gens montent et descendent entre réveils nébuleux, descentes de sac de la gouttière à bagages, envie de pisser et odeurs d'humains enfermés dans une boite en fer depuis des heures. Après sept de ces heures, de vues splendides et de ciel étoilé, nous arrivons vers 20h à Santa Maria, à une centaine de kilomètres d'Agua Calientes, la ville se situant au pied du fameux Macchu Piccu. Ici, c'est le début de la jungle, et mon dieu ce que j'aime la jungle, ses odeurs, sa verdure, sa densité, son humidité, ses mystères. J'aime la vie simple qu'elle propose. Ici, tout pousse : Oranges, mandarines, cacao, bananes... Les gens sont très accueillants. Je vais passer la nuit et repartirai demain vers cinq heures, pour le Macchu Piccu. Nous sommes à 1100m au dessus du niveau de la mer, je me sens mieux qu'en altitude. Je peux reboire une bière sans crainte de mal de crâne... Au dessus de 4000m l'alcool ça tape !... Je mange une omelette pas très bonne avec des trucs dedans. Je commence à m'habituer à cette cuisine pas très à mon goût, je ne suis donc pas surpris. Le restaurant bar ferme, il est 21h. La vielle femme courbée retourne les chaises sur les tables tranquillement. Le jour se lève à 5h du matin ici, les horaires sont donc décalés de la même façon le soir. Je dors dans une auberge pour 8 soles, c'est à dire 2 euros à peu près. Le lit est bon, la chambre grande, tout est tranquille. Quelques odeurs de Chanchos, les cochons sauvages, arrivent à effleurer le village, c'est une odeur forte, mais ici presque agréable, puisque diffuse. Elle rappelle simplement la vie sauvage, très proche, active et énergétique. Le réveil sonne à 4h, je dois partir tôt pour joindre Agua Calientes. Depuis Santa Maria, le trajet en voiture dure environ 45 mn pour rejoindre Santa Theresa, d'où partent les véhicules pour le barrage électrique. Du barrage 2h de marche seront nécessaires pour atteindre Agua Calientes. IL n'y a pas de routes pour y parvenir, un train seul existe, la réservation doit se faire très en avance et le prix est absolument exorbitant pour le pays. Le chemin d'accès se fait donc le long de la voie de chemin de fer, enfin le long... sur la la voie de chemin de fer plutôt ! J'entame la marche avec plaisir, les cris des perroquets dialoguent avec le grondement de la rivière dans une atmosphère incroyable de jungle. Je suis réellement dans un autre temps. Les planches de bois portent des fourmis gigantesques, les feuilles des oiseaux multicolores. Il n'y a personne d'autre sur le chemin. J'ai le temps de penser à la chance que j'ai de pouvoir réaliser mon rêve de gamin, marcher sur les pas des Incas et rencontrer ce lieux, car il s'agit véritablement d'une rencontre. Je chemine à l'aise, heureux d'avoir un souffle si ample et sain. Soudain j'aperçois des sacs à dos laissés sur le bas côté du balaste de pierre. Etrange, il n'y a personne, les sacs sont au nombre de trois, chacun est recouvert d'un carton pour éviter qu'il ne se mouille avec la pluie. Mais qui peut bien laisser son sac ainsi ? Ce sont des sacs de gringos, j'essaye d'imaginer ce qui peut être la source de cette énigme, et finalement décide de continuer ma route. Je marche d'un bon pas et il me semble pourtant que le temps indiqué pour rejoindre la ville est déjà écoulé... en effet, j'aurais marcher 2h40 pratiquement pour faire le trajet. Ici au Pérou, les notions de temps et de distance sont fonction de celui qui parcoure le chemin. Je saurai un peu plus tard pourquoi cette évaluation est optimiste... Agua Calientes est une ville très touristique forcément puisqu'elle ne vit que de cela. Tout est dédié au Macchu Piccu et organisé pour le rejoindre. Les choses ici sont bien faites, il est un peu hasardeux de rejoindre Agua Calientes, mais une fois qu'on y est, on trouve une organisation efficace. Un bus mène en haut de la cité perdue, il en part un toutes les dix minutes, plein de touristes bien entendu, et uniquement de touristes étrangers. Il faut savoir que l'accès au Macchu Piccu, perle de la culture Inca et Andine, est absolument hors de portée des bourses péruviennes moyennes, le tarif d'entrée est très élevé pour le pays. Ainsi, le peuple n' a pas accès à sa propre culture, l'acculturation ici est dans une marche vive, les discriminations des indigènes sont courantes, les noms de famille Quechua portent une consonance de sous-peuple et la langue est synonyme d'arriération... Elle est peu parlée dans les villes et est même assez mal vue. Contrairement à ce que les gouvernements montrent, la culture n'est pas défendue, elle est exploitée. Les aides à la culture sont une bonne manière de dealer des voix pour les élections et la défense de la culture est en fait beaucoup, un achat pur et simple de reélection. Les guides volontaires et indépendants des ruines incas (y compris le Macchu Piccu) travaillent parfois comme professeurs de Quechua ou enseignant d'autres matière durant la journée ou le soir. Quand ils ont du temps, ils tentent de vendre leur savoir aux touristes pour financer eux-même la sauvegarde de leur culture, achetant des livres, des cahiers, des crayons pour leurs élèves n'en ayant pas les moyens. Ceux qui font cela sont les personnes les plus droites, qui refusent de troquer leur liberté d'expression electorale contre un financement pervers de la culture. Ils savent que la seule façon de sauver une culture est de se la réaproprier et donc de la garder hors de corruption, chose extrêmement difficile lorsque l'on parle de nécessités premières... En haut du Macchu Piccu, un guide, qui porte un prénom français sur sa poitrine, me propose ses services me parlant en espagnol, une fois de plus on me prend pour un ressortissant d'une autre nationalité. Je saurai plus tard que les guides ont des techniques afin de capter leurs clients français. C'est simple, les français préfèreront un guide avec un prénom, souvent faux, français, cela les rassure...

mercredi 9 septembre 2009

Cusco, énergie surréelle

Incroyable place d'armes, encerclée de splendeurs.

Eglises, cathédrale, parmi les plus belles d'Amérique, veillent sur la fontaine multicolore, les jardins fleuris et les arches coloniales reposant sur les pierres taillées des Incas. Les collines alentours dialoguent de lumières avec les étoiles. Je crois que c'est un des plus beaux endroits que j'ai vu. Une seule colline reste noire, sombre, à la cime de celle-ci, un Christ blanc criant de lumière béni le berceau de l'empire Inca. Je pourrai en pleurer tellement c'est beau mais il fait meilleur sourire et dire merci, boire un bon verre de vin à la santé des Dieux, quels qu'ils soient. Eux finalement doivent réussir à s'entendre et à ne pas se détruire. Salud !

Cusco

Cusco, ville magique,

berceau de la culture Inca, ville Puma entre monts et soleil, l'emprunte espagnole est si présente qu'elle exhibe la force de croix, nécessaire à l'écrasement des derniers rois. Il y a tant d'églises splendides pour évangéliser cette terre, que l'on y perdrait presque une foi simple, respectueuse et sincère.

C'est bien au nom de Dieu que Pizarro a fait tomber les plumes, masqué le soleil, décapité l'ultime roi de l'astre divin, des Incas. La plainte du peuple illuminé perça le ciel de souffrance vive, à en rendre sourd les vivants, à en faire tomber les ailes des anges. Converti pour ne pas se consumer en flammes, converti pour respecter son corps, ses croyances, Atawallpa saigna le sang de ses ancêtres, de la terre sacrée, du ciel, des lumières et du peuple. Les herbes, le vent, la pluie, le temps recouvrirent en une seconde des centaines d'années de puissance, de culture et de résistance.

Par la volonté du démon, du blanc percé d'yeux ronds couleur des eaux, tout disparu en un instant, le lion remplaça le puma, le condor posa à jamais ses ailes de géant sur une terre désormais d'occident. La porte du soleil fût fermée et on jeta la clef du haut d'une montagne sacrée, aujourd'hui mont pelé d'Absalyde.

dimanche 6 septembre 2009

Des petits commentaire s'il vous plait !

J'ai besoin de votre avis constructif concernant le suivi du voyage sur le blog, vos remarques... aujourd'hui ou demain...pour compléter un dossier de production. Si vous aimez, aidez-moi à continuer l'aventure ! Bises

mercredi 2 septembre 2009

Observation de perroquets, pêche au pirañas et nage dans la rivière Beni, en Amazonie.

Nous nous levons tôt afin de rejoindre en barque un point stratégique d'observation d'oiseaux. Il s'agit d'une falaise abrupte en plein cœur de la forêt. Les perroquets et autres oiseaux multicolores sont ici dans leur habitat naturel, ils nichent dans la falaise et sont actifs tôt le matin.

Les cris sont puissants et d'un autre monde. Pour en avoir une idée, louez "1492" de Ridley Scott, 54ème et 55ème minutes du film, voilà, on y est, c'est comme ça ! Des couples de perroquets magnifiques de rouge et de bleu à longues queues passent au-dessus de nos têtes entre les branches vertes des arbres. La forme des oiseaux se découpe parfaitement dans le bleu du ciel, c'est tout simplement splendide.


Perroquets et oiseaux multicolores
























Nous restons là quelques temps, peut-être une heure, peut-être deux, avant de repartir sur la rivière Beni, toute proche. Nous allons remonter un peu le cours de la rivière en barque à moteur afin de la redescendre en canot pneumatique gonflable, il y a des petits rapides rigolos, et nous pourrons nous baigner dans ces eaux couleur de terre.

Nous accostons sur un terre-plein afin de gonfler le canot, chacun y va de son coup de mollet vigoureux. Pendant ce temps, Ovidio lance nonchalamment une ligne terminée d'un gros hameçon au milieu du rio en entonnant une sorte de formule magique. Pas évident le lancer de ligne de fond, c'est toute une technique de faire tourner la ligne au-dessus de sa tête tout en la laissant s'agrandir pour qu'elle prenne de la vitesse, ceci afin qu'elle plonge le plus possible au milieu de la rivière, là où il y a le plus de fond et où les poissons sont plus nombreux.

Trois minutes chrono, la petite pierre qui est posée au-dessus de la ligne d'Ovidio tombe, le fil de pêche s'enfonce dans l'eau, Ovidio saute sur la ligne, ferre, et donne le fil à Johannes afin qu'il remonte, remonte, remonte, c'est de plus en plus dur, la fin est ardue, il remonte un Piraña de 2,5 kg facile! Il gigote dans tous les sens avec une force incroyable. C'est un Piraña géant, celui-ci ne croque pas les hommes, même s'il reste carnivore.


Pêche aux Pirañas
























Nous continuons à gonfler le canot, deux minutes plus tard, le pilote de la barque remonte un poisson énorme, il doit bien faire dans les 4,5 kg, c'est un poisson chat! Ces petites bébêtes nous serviront de dîner ce soir, cuits dans des feuilles de palmiers ou fris en croquettes! Délicieux.

J'aurai la chance de pêcher moi-même un Piraña géant le lendemain. C'est génial, je n'ai jamais pêché un poisson aussi gros. Je goûte à cette simplicité de vie qui me plaît énormément, se lever, profiter du soleil (attention, très fort ceci-dit), aller observer la flore et la faune, pêcher, manger le poisson avec lequel vous avez combattu (ils sont costauds ces cons là). Une sensation de paradis perdu, dans une ambiance sonore fabuleuse. Nous descendons la rivière sur le canot, nous baignons dans une eau chaude et douce. Ovidio nous dit de ne pas nous inquiéter les alligators dorment à cette heure là... Une blague ? Non non, pas du tout...

Nous les avons vu hier lors de la promenade nocturne sur la plage. Nous ne voyions que le rouge de leurs yeux reflétant la lumière de nos lampe-torches. Nous avons cherché à voir un Tapir également, animal de nuit pesant jusqu'à 300 kg, mais en vain. Les cris des singes jaunes nous auront consolés. Ovidio me propose de passer la nuit dans la jungle seul. Il a vu que j'essayais d'enregistrer des sons de faune et que j'avais du mal à trouver du silence avec mes amis touristes. Il me propose donc de l'accompagner pour dormir au milieu des animaux, il pourra alors également me parler des histoires et légendes de la forêt. Génial, tout ce que j'aime. Suite à un impératif pour Ovidio, je pars finalement en jungle avec un jeune guide de 18 ans, natif également d'une communauté indigène. Nous emmenons deux bières pour trinquer une fois sur le site et honorer la Pachamama, la déesse terre, cela me rappelle les rites de respect aux ancêtres malgaches. Bien entendu nous prenons avec nous des moustiquaires, nous allons dormir à même le sol, avec des centaines d'animaux et d'insectes autour de nous, ils nous faut nous protéger un peu quand même. Je revêts mon scaphandre de combat, mes vêtements imprégnés de répulsif, et je me oins d'anti-moustique, des pieds à la tête. Nous marchons pour nous arrêter dans un endroit un peu moins touffu que les autres. Nous disposons les fins matelas de mousse sur les feuilles de palmier, coupons quelques troncs de jeunes pousses afin de réaliser les supports à moustiquaires.

Voilà, tout est prêt, la nuit tombe vite, les bruits de la forêt changent et prennent une autre ampleur avec l'obscurité. Nous cheminons dans le noir, les étoiles sont d'un brillant diamantaire. Nous marchons doucement, écoutant les sons, les cris des oiseaux, des singes et autres animaux peuplant l'Amazonie. Après quelques heures, voici venu le moment de se coucher. La vérification minutieuse de la moustiquaire faite, je rentre mon pantalon dans mes chaussettes, garde près de moi mon précieux enregistreur numérique Zoom afin de pouvoir graver les sons de la nuit et essaie de fermer les yeux.

C'est un moment assez délicieux, j'adore être au milieu de tout cela, me sentir faire partie de ce tout. Je ne peux cependant m'empêcher de penser un instant à l'histoire que nous conta hier soir Ovidio. L'un de ses amis, danois, résolu à partir à la rencontre d'un peuple nomade de la jungle, n'est jamais revenu. Sans doute a-t-il été victime d'une morsure de serpent ou d'un accident quelconque, ou bien peut-être a-t-il réellement trouvé ce peuple nomade qui s'avère être cannibale. Après quelques prises de sons, je m'endors paisiblement entre grattements, craquements et cris de singes au lointain. Je me réveille avec les lueurs de l'aube. Les sons sont encore différents, je saute sur mon zoom, afin de ne pas en perdre une miette. Le petit appareil amplifie de manière surprenante tous les sons grâce à quatre micros. J'enfile mes écouteurs et profite... J'entends un son sourd, comme un vent, je retire mes écouteurs, rien ! Je recommence, le vent souffle, je l'entends dans mon appareil qui l'enregistre. Je retire à nouveau mes écouteurs, rien, pas de vent, pas un souffle, aucune feuille ne bouge, aucun son de souffle ne parvient de plus loin, étrange.

Ovidio m'expliquera le lendemain qu'il y a un "Duende" dans la forêt, un esprit. Il peut prendre la forme d'un humain pour entraîner ses victimes à se perdre, il peut aussi se muer en vent, en souffle intriguant, forçant les âmes à le chercher, fuyant toujours plus en profondeur dans la forêt. Ce mythe ressemble aux sirènes d'Ulysse bien entendu et à bien d'autres légendes assez similaires. Et bien si j'ai bien été en présence d'un Duende, je l'ai enregistré.

Le jour se lève complètement finissant de me réveiller. Je constate en me levant que ma moustiquaire s'est transformée en crêpe dentelle. Les fourmis ont littéralement dévoré mon voile anti-piqûres. Je lève mon pantalon, j'ai en effet servi de met de choix aux araignées et autres bestioles, mes jambes portent 67 piqûres de toutes tailles. La cuisine française est décidément appréciée de tous ! Au début, les démangeaisons sont légères mais iront en augmentant jusqu'à devenir insupportables pendant 4 jours. Elles m'occasionneront un petit affaiblissement, sans fièvre, mais avec prise d'antibiotiques et d'anti-inflammatoires. La forêt se remplit des mouvements des animaux diurnes, un nouveau cycle commence...

samedi 29 août 2009

Ascension de l'Huyana Potosi, 6088m !

Après quelques jours d'acclimatation à l'altitude de La Paz, en Bolivie, je me dis que va venir le moment où je vais me sentir prêt pour tenter cette expérience incroyable, gravir les 6088m du mont Huyana Potosi, situé à 25 km de la capitale la plus haute du monde.

Je reviens de la jungle Amazoniène et doit réhabituer mon corps non pas au manque d'oxygène comme on le croit, mais à la baisse de pression atmosphérique qui produit une baisse d'efficacité de la synthèse de l'oxygène dans le sang. Ce n'est pas une légende, ici le souffle est très court, ne serait-ce que marcher dans la ville, monter une petite côte. Vous voyez tout de suite que le corps réclame son carburant. Un dicton dit qu'à La Paz, il faut marcher doucement, manger léger et dormir seul. Il m'arrive souvent de me réveiller en pleine nuit avec une sensation d'étouffement, qui passe après une grande respiration calme. Je crois que le corps continue à fonctionner un certain temps sur son rythme de plaine. En fait, en altitude, la pression atmosphérique plus basse empêche les globules rouges de fixer normalement l'oxygène et de le distribuer de manière très efficace dans l'organisme. Il faut donc passer sur un autre mode de fonctionnement, activer une acclimatation. Je dis "activer" car on peut aider ce processus, justement en mangeant peu, en marchant le plus possible, en buvant beaucoup d'eau également, en évitant l'alcool, on peut aussi mastiquer des feuilles de coca qui aident les globules rouges à fixer l'oxygène.

Le mal d'altitude peut se réveiller dès 3000m, il se nomme "sorroche" dans les Andes, c'est un ami très affectueux qui ne vous lâche pas facilement parait-il. Maux de tête, envie de vomir, insomnie, cela peut aller jusqu'à l'embolie pulmonaire ou cérébrale, ces effets peuvent apparaître à des altitudes plus élevées, personne ne peut en fait prévoir s'il va être ou non sujet au sorroche. L'explication est simple, la pression plus basse en altitude fait se dilater les gaz, ainsi le corps gonfle, ce qui provoque les différents maux cités plus haut. Je me prépare donc un peu, respectant les notions élémentaires de bon sens. J'ai la chance de ne pas être sujet au mal d'altitude. Je choisis de partir pour cette expédition de haute montagne avec une agence sérieuse. C'est un première pour moi et il s'agit bel et bien de quelque chose à prendre au sérieux, il y a des risques, même s'ils ne sont pas très importants, ils existent bel et bien. Je choisis donc une agence au nom simple "Huyana Potosi travel", les guides sont expérimentés et ont des diplômes internationaux de haute montagne avec des certifications de premiers secours. J'avoue que cette activité est vraiment de l'ordre de la curiosité, je ne me suis jamais aventuré en haute montagne et la chose la plus haute que j'ai gravie en altitude doit être le lit superposé de la chambre que je partageais avec mes frères pendant les vacances de printemps quand nous partions au ski dans les Alpes, il y a de cela une vingtaine d'années.

Je verse un acompte pour l'expédition du lundi 25 Août, je partagerai l'expérience avec deux jeunes femmes suisses, Angela et Angela, un anglais, Richard et un français, Jean-Charles.

Je ne sais pas dans quoi je m'embarque et c'est finalement ça qui est marrant ! Je pense à ma chère marraine, férue d'alpinisme. Je crois que les souvenirs des photos de son intérieur, prises en haut du Mont Blanc, ne sont pas pour rien dans mon envie de connaître ce frisson. Tout gosse, du haut de mon mètre grandissant, je regardais ces photos avec admiration et perplexité tout en suçotant les glaces maison de "La Marie", ma marraine, confectionnées tout simplement en faisant geler du jus d'orange autour d'un bâton en plastique transparent troué pour que la glace fruitée s'y accroche. La Marie est une femme robuste, toujours fière et tonique, faisant face à tout, une sorte de force de la nature affublée d'une gentillesse incroyable.

Pour moi ces glaces étaient uniques, délicieuses et faites de la même matière que ce que je pouvais voir sur les photos. Ces lieux inaccessibles étaient la récompense, le fruit d'un exploit sportif incroyable. On y voyait la famille, les hommes de la maison aussi, fiers d'être arrivés à la cime de ces montagnes mythiques. Pour moi c'étaient des sortes de héros même si je ne comprenais pas bien ce qu'ils allaient chercher si loin, si haut, sans doute comprendrais-je plus tard me disais-je...

Il y a ces souvenirs donc, mélangés à une certaine nostalgie à la pensée de mon voisin Thierry, étant gosse également. Thierry, pour moi était une sorte d'autre grand frère, il était très dynamique, entre judo, kayak et escalade, il me montrait généreusement ses trophées et partageait avec moi ses passions, jusqu'à la moto un peu plus tard. De Thierry je me souviendrais toute ma vie, pour ces raisons, et parce que je porte sur mon front la cicatrice d'un accident de gamin, une chute due à un mauvais maniement de bicyclette qui m'avait coûté de m'ouvrir le crâne à 4 ou 5 ans. C'est à cette occasion, me faisant recoudre par le médecin de famille que j'ai cru longtemps, voyant le fil passer devant mes yeux, que notre tête en était pleine, et que la cervelle était constituée de fils conducteurs, rouge, noir et bleu, comme les moteurs pour lesquels mon père a une passion incroyable. Thierry donc était parti dans les Alpes pour exercer sa passion d'Alpiniste, jusqu'à y rester éternellement après une chute survenue pendant l'ouverture d'une voie nouvelle sur le pic du midi je crois. Voilà, quelques raisons, quelques souvenirs, quelques pensées qui ont certainement guider un peu mon choix de tenter cette expérience.

Je veux connaître ces sensations, ceci est plus important que le challenge, ça ne changera rien pour moi d'avoir réussi à monter 6000m ou non, mais je souhaite faire l'expérience. Peut-être vais-je découvrir une nouvelle passion, peut-être vais-je me rendre compte que ce genre d'activité n'est finalement pas tellement pour moi, nous verrons bien. L'essentiel est de le vivre tout simplement parce que j'en ai envie.

Je dis à mes parents que je pars en treck dans les alentours de La Paz, rien de plus, je comprends leur inquiétude, je ne me perds pas dans les détails en ce qui concerne le treck, la marche de nuit, l'escalade, la glace pour éviter de leur faire prendre dix ans d'inquiétude en trois jours.

Deux amis rencontrés pendant mon voyage, l'un australien et l'autre néerlandais m'ont raconté leur aventure en deux mots : magnifique et épuisant.

Les garçons sont sportifs alors je m'attends à avaler mon acte de naissance. J'ai une condition physique relativement bonne, de beaucoup meilleure à celle de mon départ de France, mon corps pèse dans les 82 kg aujourd'hui c'est à dire 7 de moins qu'en partant, son souffle est plus que correct et sa musculature un peu plus tendue, mais bon, on verra sur pièce comment je supporte cette ascension.

Nous partons pour le mont Huyana Potosi en minibus pour rejoindre le premier refuge qui sert de camp de base. Le refuge est très sympa, joli, situé sur les bords d'un lac artificiel d'un bleu turquoise incroyable.

Nous posons nos affaires, déjeunons une bonne soupe de minestrone et de la viande avec un portion de riz pour nous préparer à partir nous entraîner sur le glacier à la pratique de l'ascension sur glace. Tout va bien jusqu'à ce que nous voyons arriver deux zombies dans le refuge. Ils viennent de faire l'ascension et pourraient tourner dans le clip Thriller de Mickael Jackson, Honnêtement ça fait peur tellement l'épuisement se lit sur leur visage et dans leurs gestes incontrôlés...

A notre tour ! Nous vérifions et enfilons notre équipement complet d'Andinisme, harnais, bottes en plastique dur, crampons, piolets et vêtements techniques pour lutter contre le froid et le vent. Nous partons pour marcher une heure et demie pour gravir 200m de dénivelé et rejoindre le glacier et ses murs de glace à 5000 m. La marche est plaisante, les paysages très beaux. La vue est dégagée sur les montagnes, nous cheminons sur des sentiers de terre, de pierre, sur des tuyaux de conduite d'eau, il faut se concentrer un peu pour ne pas aller dire bonjour à la vallée, très facile d'accès an chute libre !

Une fois sur le site, l'enseignement commence. Le but est de nous apprendre les techniques de bases qui nous seront nécessaires pour gravir le mont Huyana Potosi : Monter et descendre des pentes de glace avec les crampons, comment tenir son piolet, que faire en cas de chute pour ne pas dévaler la montagne jusqu'en bas, quelques techniques de rappel également et un enseignement sur la confection des nœuds spécifiques, le double 8 par exemple. Une seule chose est finalement difficile et essentielle, avoir confiance en ses crampons ! Il faut ne pas douter de l'efficacité de ses pointes de métal qui par paire, sur chaque pied, vous accrochent à la paroi.

Tout est dans la confiance. Pour commencer à descendre en rappel, ce n'est pas évident. Il faut vous mettre à 90° avec le mur de glace, complètement dans le vide, dos à la pente, en vous disant qu'il n'y a pas de problèmes, que la corde va vous retenir ... ce qui est vrai mais le cerveau n'est pas habitué à se mettre volontairement dans des situations qu'il estime dangereuses. Nous redescendons tous très contents de cette mise en bouche.

Je suis surpris de ne pas être fatigué, la mastication de feuilles de coca doit aider de manière significative je pense. La nuit tombe, nous nous groupons autour du feu à inventer des histoires de lapin-vampire, de sorcières suisses fromagères à brûler ou à faire fondre en fondue moitié-moitié, et autres bêtises, jusqu'à ce que la cuisinière du refuge nous rejoigne pour nous parler des légendes du coin. Elle nous conte l'histoire du diable qui hante le lac, attirant les hommes saouls ou en dépit d'amour en chantant ou en apparaissant sous la forme d'une femme afin de perdre ces âmes en errance. Elle me dit que le diable peut vraiment faire croire à sa victime qu'il est une femme, discuter, séduire, jusqu'à l'entraîner aux enfers, elle insiste "il peut paraître une femme sans l'être..." je lui réponds que j'ai ouï dire d'histoires similaires au Brésil... que parfois les femmes, malgré toutes apparences, n'en sont pas vraiment... et se prénomme Roberto ! Les rires terminent la soirée en même temps que les braisent s'éteignent. Nous continuons à nous raconter des histoires dans le dortoir, en anglais, jusqu'à ce que tout le monde s'endorme, cela ressemble à un camps de vacances, c'est amusant. Aller au lit ! Les lampes frontales laissent le noir se répandre et prendre possession des songes andins. Demain, nous grimpons au deuxième refuge, à 5300 m, les choses sérieuses commencent ! Nous nous reposons le matin pour être en forme pour le jour et la nuit à venir. Les guides prévoient que nous aurons beaucoup de mal à dormir au-dessus de 5000m, donc nous rechargeons bien les batteries maintenant. Certains font le tour du lac tranquillement, d'autres dorment ou méditent. La deuxième partie de l'ascension commence tranquillement et puis se durcit sur la fin, des chaos de roches à escalader, des pentes très abruptes, des crêtes à parcourir, tout ceci se termine par quelques dizaines de mètres à grimper dans la neige tassée avec de simples chaussures de marche.

Nous arrivons au refuge d'altitude, cinq tôles ondulées orange font se dresser la cabane au milieu de la glace et de la roche. Une pièce d'un vingtaine de mètres carré nous accueille jusqu'à cette nuit 02h du matin, heure de départ pour le sommet du mont Huyana Potosi.

Cette nuit sera une des pires de ma vie. J'ai passé 07h, de 18h à 01h du matin à grelotter, à chercher le sommeil et à me demander si ma tête n'allait pas exploser sous une sensation de pression très forte. Il fait froid, mon duvet n'est pas assez chaud pour ces températures, je gèle littéralement et dépense beaucoup d'énergie à tenter de me réchauffer. Même recouvertes d'une tenture en plastique, les parois de l'édifice de fortune sont glaciales. J'attends inexorablement que les guides se lèvent et donnent le départ de l'ascension, je suis épuisé et est hâte d'en découdre avec la montagne maintenant. L'une des jeune-femmes part plus tôt, handicapée par des ongles de pouce de pieds arrachés récemment (bon appétit!) elle marche un peu plus lentement forcément. Elle mettra seulement une heure de plus que nous pour arriver au sommet

Nous nous levons dans un froid plus qu'inconfortable, nous enfilons nos scaphandres de combat pour nous attaquer à ce que nous sommes venus chercher. Les deux guides prendront donc en charge une cordée chacun faite de deux personnes. Je partirai avec Jean-Charles, jeune français métis robuste de 25 ans. Nous sommes censés être les plus rapides, le guide prévoit 4h30 d'ascension. Richard, l'ami anglais à l'humour très british âgé de 30 ans et Angela, suissesse montagnarde de 32 ans, forment la deuxième cordée. C'est parti, il fait nuit, il fait froid, le sol glisse, le vent cingle, quel plaisir !! Ma lampe éclaire les pieds du guide, je n'ai plus de notion de temps, je me concentre simplement sur les bottes cramponnées de mon prédécesseur, chaque pas est une lutte, chaque pas est une avancée. Nous ne distinguons presque rien des reliefs, parfois, après une pente très raide, je me dis qu'une crête permettrait un peu de repos, mais ça ne cesse de monter, il n'y a pas de fin à ce calvaire blanc. la vue de La Paz illuminée de couleurs orangées est la seule distraction furtive dont nous profitons. Les pauses sont rares et courtes, dès que l'on s'arrêtent on gèle ! Je tente de boire de l'eau, elle est gelée malgré le fait que la bouteille se trouve dans mon parka ! Je tente de manger un morceau de Snikers, idem... je ne peux que très difficilement en extraire un peu de sucre, donc de calories, cela fait 2 semaines qu'une gingivite m'empêche de croquer dans tout aliment que ce soit, alors une barre de chocolat dure comme la pierre, c'est impensable. Il me reste les feuilles de coca. Je mastique ces herbes magiques, elle donne des calories, et permettent au corps de supporter des efforts soutenus. Les mineurs boliviens étaient forcés de travailler 48h sans pause ni alimentation, ils résistaient grâce aux propriétés spécifiques de la feuille de coca alors bon, un petit sommet de 6000 mètres, ça devrait passer tout seul ! Il arrive un moment où chaque pas est une véritable lutte. A chaque pas je peux m'effondrer de fatigue, de lassitude, les nerfs montent, envie d'arrêter cette idiotie, mais arrêter pour faire quoi, pour aller où ? Il faut continuer, pas d'autres alternatives. Le mental est le seul moyen de ne pas tomber de déraison. C'est dur, c'est très dur. Richard perd un de ses crampons dans un mur un peu raide. Cela nous permet une petite pause. Les deux guides montent et descendent la montagne en courant pour retrouver ce crampon, sans quoi, Richard ne peut continuer l'ascension. Les guides courent alors que pour nous chaque pas est une lutte, c'est incroyable !

Des heures que nous marchons dans ce désert blanc et sombre. Nous ne voyons rien mais il n'y a pas de bruit non plus. Seul le rythme des crampons dans la neige nous accroche à quelque chose de vivant, scratch, scratch, scratch... Parfois le rythme change selon la pente, nous passons des crevasses, ça réveille un peu. A un moment, je ne peux vraiment plus, je stoppe la cordée pour reprendre un peu de force, pendant que chacun s'hydrate ou mange quelque chose, je m'endors d'un coup. Je dors cinq minutes, je suis réveillé par la question de Jean-Charles, "Alors grand, ça va?", il ne s'est pas aperçu de mon sommeil qui ressemble plus à un évanouissement, à un processus de sécurité corporel. Je me réveille d'un coup également, ça va mieux, je mange un peu de fruits secs, lutte contre l'envie très désagréable de les vomir. Nous voyons une lueur se perdre dans le ciel, le soleil se lève, nous ne sommes plus très loin, "une heure et vingt minutes nous dit l'un des guides avant le sommet, mais vous allez voir c'est le plus facile"... tu parles Charles ! Heureusement qu'il nous a dit ça, cela nous donne des forces, mais en guise de plus facile, il nous reste le plus dur, les pentes les plus raides, les murs de glace au dessus du vide et la dernière crête battue par le vent. Cela n'en finit pas, plus haut, toujours plus haut, nous voyons se dessiner petit à petit la masse sombre du sommet, c'est encore loin, moins qu'il n'y parait finalement car la fin est vraiment à pic. Nous devons avoir recours à ce que l'on a apprit, la position du piolet dans la glace, la position des crampons, la hauteur du corps, la c'est du sérieux, il ne s'agit pas de faire une erreur, toute l'énergie se concentre sur ces mouvements, chaque geste est pensé, pesé, toute la force se transmet aux cuisses pour se hisser jusqu'au nouveau point d'ancrage creuser dans la glace par le pied opposé.

L'énergie de transfert se ressent en élan de chaleur dans les fibres musculaires. La main tape le mur réfléchissant bleuté, parfois le piolet s'accroche, parfois non, la glace est trop dense ou bien trop friable. Nous entendons des craquements sourds venus du tréfond de la montagne, le soleil est presque levé, la différence de température dilate les glaces et fait craquer les fondements. Voilà pourquoi nous escaladons de nuit, de jour les risques de fissures de la paroi sont trop importants.

Encore quelques mètres, nous voyons la lampe de la demoiselle partie une heure avant nous arriver tout juste au sommet, nous y sommes, ça y est !

L'épuisement est total. Le soleil révèle la splendeur du paysage. Les montagnes dialoguent avec le ciel en bulles de nuages cotonneux que nous surplombons.

Le ciel s'éclaircit doucement, l'ombre du mont Huyana Potosi forme un parfait triangle sur le lac Titikaka, je n'en crois pas mes yeux, en fait il est presque difficile de savourer tellement je suis fatigué.

Par bribes, je me rends compte de la majesté de l'environnement, nous sommes sur une pointe, il y a peu de place, tout autour, le vide. Nous prenons quelques photos, certains appareils ne fonctionnent pas, les batteries sont gelées.

Quelques minutes sur l'un des toits du monde, et puis il faut redescendre... redescendre, je n'y avait pas pensé ! Un autre calvaire commence. Nous devons redescendre maintenant jusqu'au refuge de base, 1200 mètres plus bas, par les à pics de glace, la neige, les roches, les chaos... Mon dieu sauvez-moi ! Donnez-moi des skis, une luge, des ailes, quelque chose, je ne peux pas descendre ça maintenant.

Cela fait 24h que je n'ai pas dormi, j'ai marché cette journée pendant sept heure et trente minutes, ai passé sept heures a claquer des dents, tout ça sans manger pratiquement pour gravir 1200 mètres en luttant contre le froid, le sorroche... et maintenant quoi ? Il faut tout faire à l'inverse, maintenant ? Et bien oui, et il n'y a pas d'autre alternative ! Nous descendons en cordée, je suis derrière Jean-Charles, je suis très lent, je n'en peux plus. je pense au calvaire des esclaves forcés à travailler jusqu'à épuisement, je n'avais jamais ressenti physiquement ces limites. Cela fait relativiser des choses ou du moins connaître des sensations nouvelles. Je termine la descente et ferme la marche du groupe. Je préfère prendre mon temps et ne pas bêtement me tordre une cheville ou glisser pour me casser un bras. Les terrains sont très glissants et avec la fatigue, la faute d'appui est possible à chaque pas. Mes jambes se dérobent parfois sous mon poids additionné du sac de matériel. Je dois être très prudent. Le guide m'accompagne, très professionnellement dans ma descente quasi gériatrique. Enfin arrivés au refuge de base. On nous offre une soupe et de la viande et du riz, je boirais la soupe, je suis déshydraté, je sens que mon corps a besoin de tout mais j'ai du mal à accepter la nourriture, comme un blocage physique, petit à petit je bois un peu d'eau chaude, puis d'eau tempérée. Là il y a un couple de français qui s'apprêt à faire l'ascension, on plaisante un peu, je leur dit ironiquement que c'est super facile... ça va j'ai toujours de l'humour, je suis pas mort ! Mes forces reviennent vite, très vite même j'en suis surpris. Voilà, j'ai gravi ma première montagne à plus de 6000 mètres, je suis content, surtout que ce soit fini, je crois que ce sera ma première et unique expérience de ce genre. Je suis content de l'avoir fait, ça n'a rien changé pour moi, peut-être juste renforcé l'idée que finalement je préfère me faire un coup de surf peinard, prendre le soleil sur une plage, boire une bière et faire un barbecue avec des potes, juste prendre le plaisir où il est, sans challenges inutiles. "Celui qui ne regarde pas au-delà de la montagne ne peut emprunter le chemin qui y mène", j'ai regardé au-delà en effet pour pouvoir la gravir cette montagne, ça marche, on peut tout faire avec la volonté. Je crois qu'avant de vouloir construire des montagnes ou de vouloir en déplacer, il est intéressant de simplement essayer d'en monter une, pour voir ! Je me suis aussi rendu compte d'une chose, physiquement, le souffle est la seule chose qui nous tient en vie. On peut se passer de nourriture, de boisson, de plaisir, de réflexion, de sommeil, mais on ne peut pas se passer du souffle. Le souffle c'est la vie, chaque inspiration est un cadeau.

Chaque inspiration était un pas dans la neige pour sortir de cette geôle de souffrance et de pénibilité. Le souffle est un espoir de chaque instant, un porteur de tout.

J'y penserai à chaque inspiration, tant que le souffle est là, tout est possible, tout !

samedi 22 août 2009

La Paz et Rurrenabaque, portes de la jungle...

De Tupiza, je prends le bus pour rejoindre La Paz tout au nord de la Bolivie à environ 1000 km. On nous annonce 15h de route, nous en ferons un peu plus pour un prix dérisoire cependant, 70 bolivianos, c'est à dire 7 euros. Départ de nuit à 22h et quelques grosses poussières. Je n'appréhendes pas trop ce voyage, les bus présentés sur les panneaux de l'agence de transport que je choisis sont très récents et sont semi-cam, c'est à dire demi-lit, avec sièges inclinables. Le guide avec lequel j'ai discuté m'a dit que la route est bonne, en asphalte. Nous partons donc, le bus plein. Cette fois j'ai pris mon sac de couchage avec moi. Le dernier voyage a été assez terrible au niveau du froid, pour que vous compreniez bien, c'est simple, il y avait de l glace à l'intérieur du bus, sur les vitres... Un froid vraiment difficile à supporter qui vous prend partout, les pieds, les jambes, la tête, avec une impossibilité de bouger pour se réchauffer. Les cars ici sont fait à la mesure des corps Boliviens, les places réservent peu d'espace pour un européen mesurant 30 cm de plus. Le voyage est un peu difficile surtout du fait des odeurs, aller savoir pourquoi mais le bus renifle des effluves de chien mort, honnêtement on a beau dire qu'on s'habitue à tout, à ça, franchement c'est difficile. Il nous faudra attendre l'arrêt à Oruro, 10h plus tard pour respirer, et aller aux toilettes. Un truc à savoir, ne pas boire, ni manger avant un voyage en car en Bolivie, vous devez prévoir de ne pas avoir accès à une quelconque vidange corporelle avant au moins cinq heures et parfois dix. Le "collectivo", le bus, n' a en fait rien à voir avec la photo de l'officine, c'est un vieux car tout-terrain sans toilettes et quand on est parti, on est parti, on ne s'arrête pas ! Je comprendrai très vite pourquoi le bus a une si grande garde-au-sol... la route est asphaltée sans doute mais nous passerons quand même quelques heures à tressauter sur des chemins cahoteux.

Nous approchons de La Paz, des écritures sont lisibles sur les murs des boutiques en support à Evo Morales, le président dit indigène de la Bolivie, un espoir pour certains, une vérité pas si évidente si l'on écoute des avis différents, nous en reparlerons. La Paz est la capitale la plus haute du monde, elle culmine à un peu plus de 4000m pour son point le plus haut. C'est en fait une ville qui se situe dans une cuvette, le centre se situant en bas, le long du Prado ou avenida 16 de Julio. Cette date commémore la révolution Boliviène de 1809 ou les révolutionnaires chassèrent le gouverneur Tadeó Dávila et organisèrent une junte donnant le commandement des troupes militaires au patriote Pedro Domingo Murillo. Les quartiers pauvres sont juchés sur les hauteurs, plus on descend, plus les quartiers sont riches.

La ville est multicolore, les gros bus vert et jaune américains arborent croix et grigris au rétroviseur et de la moumoute sur le tableau de bord. Ils crachent une fumée noire opaque dans les concerts de klaxons et d'appels des crieurs, qui, en équilibre sur les portes des minibus Toyota annoncent dans une tirade monocorde et difficilement compréhensible les destinations et les tarifs de courses : "Plaza Sucre, dos Bolivianitos..."

Il y a beaucoup de bruit, d'agitation, de pollution. On voit ici aussi beaucoup de message pour une Bolivie nouvelle, solidaire et travailleuse. Je m'arrête ici une nuit, le temps de récupérer un peu et de préparer mon excursion à Rurrenabaque, porte de la jungle Amazoniène. Je choisis un hôtel 3 étoiles (pour la moitié du prix d'un Formule 1), j'ai envie d'une douche chaude. Je pourrais ainsi laisser mon matériel, caméra, ordinateur à l'hôtel sans craindre de me le faire dérober. A Tupiza, j'ai perfectionné mon système de transport, un peu las de porter mon sac de 40kg, j'ai trouver un diable pour 20 euros sur lequel j'ai arrimé mon sac, j'ai ajouter à cela un antivol, ce qui me permet de laisser l'ensemble bien homogène attaché à un support fixe. Mon sac ferme également entièrement avec des cadenas. Ainsi pour y piquer quelque chose il faut une pince ou un couteau, c'est possible mais pas très discret, je peux difficilement faire mieux de toute façon. Ici la meilleure des protection est finalement de ne pas prévenir que des choses de valeur se trouve dans son sac. Il suffit de camoufler un maximum pour passer inaperçu. C'est un peu comme dans la nature, le camouflage est le meilleure système de défense.

Je prends un billet d'avion pour rejoindre Rurrenabaque, le transport en car dure 18h et c'est l'une des pires routes du monde qui mène au bord du parc Madidi. Des falaises abruptes bordent une route juste assez large pour que les véhicules puissent se croiser avec à peine 10cm d'espace... Je choisis donc l'avion. Le coucou est tout petit, une vingtaine de places seulement, j'adore, ça me rappelle les petites virées en Cesna avec mon ami Thibault, ancien élève de l'école de chasse.

Nous atterrissons sur une piste en terre et herbe, ça secoue un peu plus que les pistes des aéroport classique. Tout est vert autour de nous. La porte de l'avion s'ouvre sur une chaleur étouffante et humide, les cris des perroquets entre dans nos sacs et soulèvent les rêves d'enfants, alimentent les légendes, nous sommes en Amazonie...

Des Jeeps attendent pour le transfert dans les hôtels et auberges, des français, des hollandais surtout, quelques allemands profitent de ce changement radical de températures, beaucoup viennent des salares d'Uyuni et de leurs froideurs climatique et humaine. Quel changement ! Nous arrivons sur la place principale, une petite auberge a l'air sympa et propose un lit pour 50 bolivianos (5 euros). Je partagerai la chambre avec Johannes, un allemand de Frankfurt. Le dueño (le patron) de l'Hôtel Oriente est super sympa, il m'explique les choses à faire ici et me montre sur plan le développement très récent de la ville alimenté par le tourisme depuis une dizaine d'années. Je choisis une agence qui m'a l'air sérieux et profite de cette soirée tropicale entre billard, rencontres et quelques verres de cervoise bien fraîche, avant de partir pour trois jours de treck dans la jungle.

Neuf heures le lendemain, je fais connaissance avec le petit groupe avec lequel je partagerai 2 jours, Johannes donc et une famille américaine du Texas, les parents et leurs deux grands enfants barbus. Je reste pour ma part une journée de plus dans la jungle, une fois de plus ma petite voix me dit que c'est bien, nous verrons ce qu'il en est. Départ en bateau, en canot pour rejoindre le camp de base situé dans le parc de Madidi, le long de la rivière Beni. Les eaux sont d'un brun clair, les rivages vert profond. Les cris des oiseaux donnent à ce canotage, des allures de spectacle cinématographique.

J'essaye de profiter de tout cela, j'essaye, car en bruit de fond j'entends mes amis touristes discuter de leurs différents voyages. C'est un peu à celui qui a "fait" le plus de pays. Chacun y va de sa surenchère, appliquant à chaque pays un jugement : "C'est bien la Pologne"; "La croatie, bof"; Le Venezuela formidable"... ça me laisse perplexe. Si en effet ils ont profité des pays comme ils profitent en ce moment du spectacle qui se déroule sous nos yeux, je doute de la perspicacité de leurs dires. Comment peut-on dire d'un pays "c'est bien" ou " ce n'est pas bien", sur quels critères ? Quels raccourcis !

Nous arrivons au camp, le soleil tape fort. Trois baraquements sur pilotis sont disposés un U, la salle de restauration et la cuisine en forment la base, et les chambres les jambages. Il y a six chambres ou dortoirs en tout, toutes ont des moustiquaires en guise de fenêtres et des moustiquaires supplémentaires pour chaque lit. Nous ne sommes pas en zone dangereuse pour le paludisme, la limite de la zone rouge est proche mais nous restons en zone blanche malgré tout. Les baraquements ne sont pas fermés, il règne ici une chaleur tropicale, de jour comme de nuit. L'atmosphère est très calme et reposante. Je me sens beaucoup mieux ici, proche du niveau de la mer avec un air humide, qu'en altitude, ou l'air est si sec qu'il provoque des saignements de nez. Nous déjeunons une cuisine très goûteuse et nous reposons ensuite dans les hamacs suspendus un peu partout. Les sons des différents animaux et insectes, grillons, perroquets, nous bercent tranquillement. Nous devons nous acclimater un peu avant la première marche de trois heures. Nous troquons nos shorts et tongs pour des chaussures plus adaptées et un pantalon qui couvre les jambes. Nous cheminons entre les arbres, silencieux, écoutant les sons divers. Parfois notre guide indigène Ovidio s'arrête pour imiter le cri d'un singe, d'un cochon sauvage, d'un oiseau tropicale. Ainsi il sonde l'endroit d'où lui provient la réponse et peut nous guider vers les endroits où nous pourrons observer les animaux.

Il sait aussi reconnaître un certain perroquet, qui lui aussi imite de nombreux cris d'autres animaux... la jungle est un monde passionnant ou la nature procède de nombreux stratagèmes pour la survie des espèces. Ovidio porte bien son nom, comme le poète latin Ovide, auteur des Métamorphoses, il connaît des centaines d'histoire sur la mythologie indigène. Il est né dans un communauté, en plein jungle, petit fils de chaman, il lit dans les plantes leur pouvoir médicinale, et dans les empruntes d' animaux, leur parcours. Ovidio est un exilé de sa communauté dans le monde moderne pour défendre son histoire et préserver les territoires des natifs de la jungle. Il nous explique les relations entre les insectes et les arbres, les croyances des indigènes et les pratiques de châtiments, comme celle qui consiste à attacher le coupable de débordement social à l'arbre à fourmis de feu... Il parait que les piqûres sont très fortes et permettent une punition naturelle plus qu'efficace ! Nous entendons des sortes de claquements au loin, ce sont les Chanchos, les cochons sauvages. Le bruit correspond aux claquements des dents de l'animal sur l'amande d'un fruit. Les Chanchos se nourrissent de cela et de tout le reste, ce sont les nettoyeurs de la jungle. Là où ils passent, l'herbe repousse sur un terrain tout propre, c'est bien simple, ils mangent tout. Ces cochons forment des colonies allant jusqu'à quatre cents membres. Pendant que la troupe se nourrit, les gardes sont à l'affût. Si une menace guette, ils poussent un cri rauque d'alerte et diffusent, grâce à une glande située au dessus de la queue, une odeur nauséabonde fortement musquée ayant la même efficacité qu'une bombe lacrimogène. Parfois ils s'attaquent à l'homme en meute, si on les embêtes... Ils forment un cercle pour forcer l'homme à grimper à un arbre. Une fois en haut de l'arbre, l'homme doit pour survivre supporter les bombes lacrimogènes lancées par les glandes des Chanchos. Un seul but, asphyxier le bipède pour le faire tomber et le dévorer avec une efficacité redoutable. Nous aurons la chance d'approcher de très prêt les Chanchos,une petite vidéo pourra vous montrer à quoi cela ressemble et quels bruits ils émettent, pour l'odeur, cela restera une expérience personnelle...

La suite et la nuit dans la jungle très prochainement...

jeudi 20 août 2009

Tupiza

Je quitte donc Uyuni ravi de mon tour dans les salares et pas fâché d'aller découvrir d'autres espaces et personnes. Je pars pour Tupiza un peu plus au sud. C'est à une trentaine de kilomètres de là que Butch Cassidy et le Kid, fameux banditos gringos, ont terminé leur carrière de pilleurs de banques et de trains, dégommés par tout un bataillon de l'armée boliviène au début du siècle.

La ville de Tupiza est étonnante de modernité. Il y a des routes, en bitumes, je m'attendais à voir un autre village fait d' Adobe et strié de chemin de terre, pas du tout. Tupiza est une très agréable oasis au milieu du désert. Pendant le trajet, sur les chemins de poussière traversant les immensités, j'ai été très surpris de voir le bus s'arrêter pour prendre et laisser des passagers au milieu de rien, vraiment rien, en plein désert de roches et de cactus. J'apprendrais plus tard que ce sont des paysans qui vivent parfois à 4-5 km de la route, de l'élevage de chèvres pour le fromage et de llamas pour la laine principalement.

Tupiza, ville très sympa, les gens y sont adorables, très sociables si on va leur parler tranquillement avec respect et gentillesse. J'ai quelques éléments de réponses pour comprendre un peu mieux certains comportements des gens d'Uyuni, éléments glanés à Tupiza auprès de guides, également à Rurrenabaque, dans la jungle et quelques éléments aussi donnés par ma traductrice chérie, Claudia qui m'en a dit un peu plus sur l'histoire. La Bolivie est un pays qui a beaucoup souffert de l'exploitation des pays alentours et vous vous en doutez, beaucoup de la force blanche, des gringos venus du Nord et ensuite des "plus occidentaux" comme les argentins du sud.

Les Boliviens sont des travailleurs durs, ils sont extrêmement résistants. La pensée occidentale n'est donc pas passée à côté de l'aubaine d'exploiter ces hommes plus petits (un certain sentiment d'infériorité) et craintifs du fait des persécutions antérieures. Aujourd'hui les indigènes et les gens des campagnes, même s'ils sont "habituer" à cotoyer et à voir des gringos, restent très craintifs et finalement assez désarmés. Ils ne savent finalement pas comment interpréter, comment lire le comportement si différents de ces hommes qui viennent aujourd'hui visiter leurs richesses.

Ainsi on assiste à un vérouillage mutuel. Le bolivien ne connaissant pas le touriste et en ayant peur, va interpréter ses actions et ses réactions avec ce filtre de la peur, donc forcément dans un sens qui va plus vers la fermeture que vers l'ouverture. Dans le même temps, le touriste comprend ces réactions comme une fermeture, un snobisme, un rejet. D'autant plus si le touriste à la bonne idée d'être ce que j'appelle "un bon gros con de touriste", c'est à dire une personne ne cherchant absolument pas à comprendre le pays dans lequel il se trouve, ni les personnes qui le peuple, même un minimum. Au fait, Big Up aux français pour ça, on détient la palme d'or internationale de la mauvaise attitude et du manque de respect à l'étranger pour les gens du pays.. et en local (en France) pour les touristes étrangers ! Je ferai un billet dédié à ce sujet, ceci est très lié aux motivations intrinsèques des "cousins au bout du monde", une notion de respect de soi pour s'ouvrir aux autres, notre relation à notre histoire, à la grandeur de la France et à sa contemporanéité. J'entame aussi une série d'écrits mettant en scène "Jean Peal de l'Estaque, une grenouille en haute mer", ou les aventures d'un français à l'étranger. Pour en revenir à nos chevaux, j'ai été super heureux de fouler les mêmes sols que ces héros du cinéma que sont Butch Cassidy et Le Kid... la veille de faire cette virée équine, je me suis regardé le film de la 20th century fox sur la légende des deux gringos, autant vous dire que le lendemain fût pour moi assez spécial ! Trot, galop, j'adore faire du cheval, quelle sensation formidable de communication avec un animal si grand, encore une découverte !

La journée était faite de trois activités, un tour en jeep, la cavalcade et pour finir la descente en VTT. Après tant de jolis coins vus, et d'expériences nouvelles, j'ai hâte de faire une descente rapide en vélo. Nous montons en Jeep en haut d'un sommet, la vue est splendide, il ne faut pas se rater dans les virages, sinon c'est une chute de quelques centaines de mètres, mais la route est assez large. Une fois en haut le guide vérifie les vélos, très pro, les freins, les roues. Il nous suivra un peu en arrière en cas de problème. Nous descendons à quatre, un couple et une jeune femme anglaise très sympas. Il y a de grosses pierres sur le chemin, ça va assez vite si l'on veut, les demoiselles prennent leur temps, nous nous attendons régulièrement. au bout d'une dizaine de minutes de descente, je me rends compte que mon pneu avant est crevé, j'attends la jeep. Nous démontons la roue, la chambre à air est un vrai gruyère, il y a 4 épines de cactus qui ont traversé le pneu et une multitude de petits trous décorent le morceau de caoutchouc noir.

Il reste peu de place pour mettre encore une rustine quand nous terminons et décidons d'essayer comme ça? Je repars, le pneu reste deux minutes gonflé, je sais que ça ne durera pas alors je descends, vite. Je rejoins les amis anglais et ne m'arrête pas pour profiter du peu d'air qu'il reste. Je ferai la moitié du chemin avec la roue avant crevée et complètement à plat, cela demande un peu de concentration en descente sur terre pour ne pas déjanter, c'est à dire pour que le pneu reste à l'intérieur de la jante. Le mieux est de délester l'avant en mettant le poids sur l'arrière tout en restant bien sur d'avoir les mains sur les manettes de freins ! Ca secoue beaucoup plus fort qu'avec de l'air dans les pneus, l'air amortie énormément les chocs survenus. Bonne expérience que cette descente, je le referais bien avec ou sans air !

mercredi 19 août 2009

Petit cadeau sonore : 3mn 30 de sons de la Rain Forest à Rurrenabaque, Amazonie

A télécharger, mettre dans son iphone pour mes amis Geeks et à écouter dans le métro, devant son ordi pendant une pause, après déjeuner pour se détendre, vous avez du bol, vous avez le son et pas les piqures d'insectes !! J'ai souffert pour vous offrir ça ! :-)

Sons Rain Forest Bolivie

dimanche 9 août 2009

Bolivie, lacs salés, geysers et trecking périlleux

Nous partons de Uyuni à 10h30 pour 3 jours de balade dans les alentours. Nous allons visiter les plus grandes étendues salées du monde, quelques réserves, voir des Geysers, et nous baigner dans des eaux thermales. Nous allons aussi parait-il, prendre des coups de soleils, et mourir de froid la nuit à -20°c... Je dis nous car nous partons à trois 4x4. Je suis en compagnie de trois indiens de New Dehli, Pragya, la jeune femme, Sucharit et Nikhil, les deux garçons et d'un couple de Hollandais, Stéphanie et Frank. Nous chargeons les sacs sur le toit. J'ai pris la caméra, je ne voulais pas la laisser à Uyuni, et je me suis dit que je devais la prendre...ma petite voix étant ma meilleure amie, je décide une fois de plus de l'écouter. Nous commençons la visite par un arrêt dans un cimetière férovière. Ici gisent les restes des tout premiers trains ayant circulé en Bolivie.

Les traverses de métal forment des espaces improbables et très graphiques dans le paysage désertique. Les touristes crient, sautent, grimpent sur les vénérables épaves de temps révolues. Pour moi c'est une forme de manque de respect, je n'aime pas cela, mais c'est ainsi. Je voudrais pouvoir visiter les monuments que forment les wagons à moitié ensevelis, prendre le temps d'écouter leur histoire, de caresser leur rugosité et entendre leurs contes. Quelques coups de klaxons et nous remontons dans les 4x4. La caravane internationale repart. Des kilomètres de pistes, une petite heure de route et les paysages se transforment, le blanc commence à manger les couleurs de roches. Nous entrons dans les salares. C'est tout simplement complètement dingue. Nous roulons des kilomètres au milieu de ce qui fût jadis un immense lac, c'en est aujourd'hui un autre, un lac de sel. Tout est blanc au sol et bleu dans le ciel. Nous descendons un moment pour mettre le pied sur ce parterre lunaire. Le craquement est particulier, cela ressemble au son de la glace mais en plus sourd. Une couche plus profonde semble présente en dessous. Nous marchons fascinés par ce désert, autrefois lac regorgeant de flore et de faune, qui recouvrait la majeure partie de la partie sud de la Bolivie. Chacun se perd dans ses pensées, dans sa contemplation.

La caravane repart à nouveau pour nous emmener prêt d'une construction de sel, un arrêt touristique où l'on trouve les traditionnels produits artisanaux, les chaussettes, les ponchos en laine de lama ou d' alpaga, les bonnets multicolores à pompom (ou pas), les gants, les guêtres, enfin tout pour habiller un bon touriste en poupée locale afublée de lunettes Ockley, Armani ou Christian Dior.

Nous profitons tous du voyage cahoteux pour nous connaître un peu mieux Nos amis Hollandais sont étudiants, Frank, en ostéopathie et Stéphanie en Médecine. Nos amis indiens vivent depuis dix ans aux Etats Unis. Ils ont envie de retourner en Inde pour vivre dans leur pays, enfin. J'aime rencontrer tant de diversité et de manière de voir, de penser, de s'exprimer, nous parlons tous anglais dans la voiture, les hollandais pratiquement sans accent, les indiens avec un fort accent indie, sauf Pragya qui elle a plutôt un accent américain, et moi avec mon "superbe" accent français, reconnaissable entre mille...

Nous arrivons alors dans une oasis qui nous offre des vues de plages improbables sur une mer de sel.

L'île regorge de cactus millénaires, la vue sur l'étendue salée est absolument mystique. Je me dis qu'un portrait de Pragya, la jeune indienne serait fabuleux. Le peu qu'elle a pu me dire sur elle et sa façon de se comporter, de se mouvoir, de regarder les choses me font présentir de belle qualités humaines et des ressources importantes. Elle est en ce moment dans un espace de décision, voulant laisser les Etats-Unis pour revenir dans son pays. Elle m'explique que son père travaille à l'ambassade indienne, qu'elle a vécu dans de nombreux pays de part le monde, dont 4 ans à Minsk par exemple. Adolescente, elle espérait, rêvait même d'un endroit stable, fixe, trouver quelque part où rester, se faire des amis... et être astronaute. Aujourd'hui à 25 ans, parce qu'elle s'est construite et que son pays, son lieu de vie, elle l'a trouvé en elle, elle désire découvrir le monde seule, voyager, sans doute beaucoup en Inde qui est un pays riche de diversités. Je fais un portrait vidéo de Pragya, simple. Elle, jeune femme à la peau très brune, aux yeux grands, scintillants comme des étoiles et au sourire éblouissant. Elle, simplement assise sur une mer de sel me racontant sa vie, ses envies, ses rêves, au milieu de nul part, au milieu du temps, suspendu à un fil de vie que seul notre souffle alimente. L'immensité des salares gomme les perspectives, les touristes passent des heures à essayer de trouver l'idée la plus drôle pour faire une photo surprenante sans photo montage, ils sautent, crient, prennent des positions improbables, certains s'éloignent beaucoup pour paraître tout petit, tenir dans la main de celui qui est en premier plan... C'est drôle sur le moment et parfois aussi très drôle à la vue des photos réalisées, certaines sont très créatives. Nous partons maintenant en direction de l'endroit où nous allons passer la nuit. Nous dormirons dans un hôtel de sel. Cela me fait penser à Ensel et Gretel avec la maison en pain d'épices ou en sucre je ne sais plus trop. Ceci dit, je ne pense pas que manger notre maison soit une bonne idée.

Le lieux est très beau, tout est fait de sel, les lits, les tables, les murs. Je me sens un peu comme une "french fries" dans un cornet de frites. Nous posons nos affaires et partons nous promener désirant profiter du coucher de soleil sur la mer de sel. Nous arrivons un poil trop tard mais le spectacle est tout de même joli. Nous repartons de peur de nous faire surprendre par la nuit. Elle tombe très vite et est très froide. Nous cheminons en direction de l'hôtel regardant les étoiles apparaître dans un ciel d'une clarté incroyable. Nous discutons économie, voyages... quand tout à coup une lueur nous arrête tous. Un trait flamboyant orangé vient rompre la monotonie obscure de l'horizon salé. Nous nous questionnons mutuellement nous demandant ce que cela peut bien être. La lueur devient lumière, elle grossit et devient très puissante. Nous n'en croyons pas nos yeux, serait-ce ?... Serait-ce... la lune ?

Le disque se forme petit à petit. Il est énorme, orangé, d'une force éclairante absolument phénoménale. Nous nous levons, des ombres lunaires se progètent sur le sol. Nous assistons à un lever de lune !! La taille de l'astre est énorme, grossie par un effet de loupe.

Nous nous asseyons, abasourdis par ce spectacle fabuleux. D'un côté le soleil se couche, de l'autre, face à nous, la lune embrasse les reliefs que forment les anciennes côtes du lac évaporé. Le ciel est percé de milliers de points blancs. La magie est ici, à cet instant nous comprenons les croyances, les vénérations, les cultes... Tout cela est en dehors de notre compréhension. Nous avons juste une fois de plus à apprécier. Nos instruments modernes de captation sont sourd et presqu'aveugles à la beauté du spectacle, les photos ou vidéo ne donnent rien. Nous avons cette chance de profiter de ce spectacle, nous sommes six dehors à pouvoir saisir ces émotions, tous les autres touristes sont dans l'hôtel de sel attendant leur pitance. Pitance que nous serons très content de retrouver quelques minutes plus tard ! :-)

Le lendemain nous nous levons avec le soleil. Les astres ont échangé leur positions, la lune termine sa course là où nous avions laissé le soleil il y a une dizaine d'heures. Nous parcourons des étendues immenses, colorées, nous nous arrêtons saluer les flamands roses, mirer des lagons de différentes couleurs, observer la course des nuages pour nous poser dans un parc national. L'hôtel fait face à un lac rose qui portent des icebergs de sel. Cet endroit concoure pour devenir une des merveilles du monde, des affiches nous encouragent à voter pour.

En retour de balade de fin de journée, les chauffeurs de 4x4 et quelques français m'invitent à faire une partie de soccer. Nous sommes à 4000 m d'altitude, les poumons souffrent, la poussière est partout mais chacun y met tout son cœur, on rigole bien. Je parviens à mettre un but parmi beaucoup d'autre, pour être franc je suis complètement crevé et ceux qui me connaissent jouant au foot savent à quel point ma technique de "sagesse immobile" est efficace. Ici c'est pire que tout ! :-) Nous rentrons tous à l'hôtel, constitué comme d'habitude de dortoirs. Il n'y a pas de douches, les toilettes donnent très envie d'aller voir le paysage, même de nuit par -15°c. Nous sommes tous puants, sales, fatigués et contents. Les guides font la bouffe pour tout le monde dans leur chambre, sur des réchauds tombés du camion, non pas parce que volés mais parce qu'ils étaient vraiment sur les toits des 4x4.

Nous nous endormons dans des cris étouffés au moment de rentrer dans les duvets poussiéreux et glacés. Demain, lever à 4H15, il y a de la route... et on n'imaginait pas à quel point !

Réveil dans une atmosphère étrange, j'ai fait des rêves plus que bizarres, je ne saurais expliquer de quoi ils étaient fait, peut-être un peu de froid, de fatigue et d'errance. Les 4x4 chauffent depuis un petit moment, il fait très froid. Certains ne démarrent pas, d'autres les tractent. Tous les wagons du train de touristes ont pris les rails de la dernière journée.

Nous roulons longtemps avant d'arriver de nuit à des Geysers, sans grand intérêt. Nous rejoignons ensuite un volcan actif, qui fait office de frontière avec le Chili, Picante...

"Et là le soleil se lève et c'est beau, bon aller on se casse !" comme disait Coluche. Nous regrimpons dans nos Jeep, la route est difficile, très accidentée, il y a beaucoup de vent. Le petit-déjeuner est prévu à "Aguas calientes", bain naturel où l'eau sort de terre à 38°c. Un régal de prendre un bain, enfin, en pleine nature, au milieu de rien avec des Panqueques dans l'estomac ! Le vent forcit, des bourrasques pareilles à des mini tornades forment des tubes de sables tournoyant emportant les choses légères sur leurs passages. Ce vent est dangereux, c'est un vent de sable et de pierre, il casse les vitres des véhicules et annihile la visibilité. La caravane rentre maintenant en direction de Uyuni. Le vent grossit encore et encore, c'est une véritable tempête qui fouette les flancs des véhicules, soulève les sables de la terre et rend le voyage à présent inquiétant. La poussière, le sable, s'invitent partout dans les voitures, impossible de leur refuser l'entrée, ils forcent les joints des fenêtres, font vibrer les toits, dévient les véhicules et rendent les moteurs haletants. Nous resterons 15h dans les 4x4 aujourd'hui...

La caravane se déchire, le manque de visibilité laisse le chant des sirènes attirer les marins des sables, certains d'un côté, certains d'un autre. Nous serons trois véhicules à nous suivre, le nôtre avec Jimmy comme chauffeur, ressemblant beaucoup à Tao dans les mystérieuse cité d'or, celui du "Chinois", et celui de "Marcello", homme d'une cinquantaine d'années, petit trapu et édenté. Chaque véhicule disparaît l'un après l'autre du rétroviseur de Jimmy. Ils tombent en panne. Nous faisons chemin inverse pour les retrouver, pas plus de cinq minutes dans l'autre sens, c'est la règle. Nous n'avons plus de carburant, plus assez pour rentrer. Le vent à consumé les forces des jeep japonaises. Chaque traversée de village qui suit est une séance de tapage aux portes des habitations pour acheter un peu d'essence, rien... impossible d'en trouver, d'autant que les stations services n'ont pas été livrées. Le vent, lui ne faiblit pas, il balaye, étale, chamboule, disperse, colore, soulève et plaque tout ce qu'il trouve. Le ciel est brun roux, Il restent quelques gouttes dans les bidons sur les toits des tous-terrains, ultime arrêt, maintenant c'est sur, nous ne pourrons rejoindre Uyuni. Jannette, notre cuisinière passe un coup de fil pour qu'on nous envoie un véhicule depuis la ville pour avoir de quoi rentrer ce soir.

Ce n'est pas gagné, les 4x4 sont tous sortis, les conditions sont très particulières, le vent a eu la bonne idée de couper l'électricité dans la ville que l'on pensait pouvoir être notre oasis.

Nous roulons, le véhicule du chinois juste devant lutte, roulant en crabe pour rester sur la piste. Le capot de la jeep vibre de plus en plus. Le bruit est assourdissant dans l'auto, depuis une huitaine d'heures maintenant, tout est ensablé à l'intérieur. Tout à coup le capot s'ouvre, masquant complètement la visibilité, nous roulons vite. Jimmy décélère doucement, la piste est en sable, les bas côté sont hauts. Il ne s'agit pas de partir en travers, des véhicules roulent dans l'autre sens, sans plus de visibilité que nous il y a encore quelques instants. Nous finissons par nous arrêter sans dommages. L'ambiance est plutôt bon-enfant dans la voiture, on se demande ce qu'il va encore se passer avec le sourire.

Ici il ne faut rien planifier, tout peut-arriver, et finalement quand ce n'est pas grave, ce n'est pas grave, voilà tout. Nous attachons le capot avec un morceau de courroie enlevé à ce qui sert de sandows pour attacher les sacs et autres matériels sur le toit.

Finalement, un véhicule vient à notre rencontre avec de la "gazolina", nous parviendrons à rejoindre Uyuni, ville morte, plongée dans le noir du désert. Secouant nos sacs gris de poussière, certains d'entre nous irons rejoindre la gare routière pour partir immédiatement pour un voyage de douze heures de bus en direction de La Paz, d'autres essaierons de prendre un train. Les hôtels sont tous sombres, les groupes électrogènes ne fonctionnent pas. Je décide de rester là demain, le temps de faire mes acquisitions vidéo, sauvegarder mes disques, laver mon linge et écrire ces lignes.

Journée de bivouac technique donc aujourd'hui. Le temps de faire un point sur les aventures, les émotions, les rencontres et aussi les impressions. Je ne me sens pas très à l'aise en Bolivie. L'impression est la même qu'au Chili, en tout cas dans les endroits très touristiques fréquentés. Les gens ne sont pas aimables, vraiment pas. C'est même carrément une douche froide (une de plus) si l'on compare avec la chaleur des argentins. Ici les gringos sont pris pour des boeufs, il n'y a pas de considération, c'est du rienafoutrisme permanent, très très proche de l'insulte souvent.

Les commerçant n'ont manifestement pas envie de faire du business, on a toujours l'impression de les déranger, vraiment, même en arborant le plus grand sourire, le retour est toujours la même expression de vide et de non considération. Les boliviens que j'ai rencontré ne sourient pas, jamais. Il ne faut par exemple pas payer une chambre d'hôtel en avance ici, car il y a des chances que le tenancier vous regarde de côté en vous disant très vite en espagnol qu'il ne se souvient pas et qu'il a louer la chambre... L'attitude des gens ici est peut-être dû à la lassitude de voir débarquer sans cesse des gringos géants (les boliviens sont très petits), et même sans le vouloir, arrogants de richesses, peut-être. Les boliviens répondent par "si" o "no", c'est tout. Par exemple, vous arrivez dans un resto, vous commandez une pizza, le garçon va vous regarder et vous dire "no", rien de plus, rien de moins. Alors vous commandez une autre, il va vous dire "no" en regardant au loin, las... l'impression que vraiment vous le faîtes super chier. Jusqu'à ce que vous lui arrachiez les infos pour savoir pourquoi "no" et qu'est-ce-qu'il lui reste dans sa cuisine, il va agir ainsi. Si par exemple vous sortez un jeu de carte, certain peuvent vous dire, "partez", on a rien pour vous ici "partez maintenant", ils veulent faire du chiffre croyant qu'un client qui se sent bien est un mauvais client. Sans doute se basent-ils sur un principe qui ne fonctionne pas, faire en quantité plutôt qu'en qualité, enfin cela fonctionne à court terme, jusqu'à ce que les "vaches à lait" commencent vraiment à préférer d'autres endroits...plus humains... A méditer. La déconsidération actuelle est-elle une réaction finalement compréhensible ?

Lorsqu'un peuple a assassiné vos ancêtres, les a rendus esclaves et revient ensuite pour visiter vos richesses, en masse, qu'est-ce que cela peut créer ? Y-a-t-il de cela ? Ou bien est-ce une interprétation de la globalisation et du "faire de l'argent" particulier à cet endroit du monde ? Sont-ce de l'incompréhension et de l'interprétation mutuelles qui créent ces distances désagréables ?

La seule personne que je croyais bolivienne avec qui j'ai eu de bons échanges était en fait argentin ! Je pense que je trouverai sans doute certaines réponses dans la suite de mon voyage, dans des endroits moins fréquentés où le dialogue sera plus ouvert.

Petit tour au Chili

J'arrive au Chili après une journée de car. Depuis Salta, en Argentine, le voyage propose des paysages ahurissants, lunaires. Je crois que je n'aurais jamais imaginé pouvoir voir ça un jour dans ma vie. Le passage du col le plus haut à 4700m est un peu difficile pour les peuples des plaines. Le souffle est court, certaines personnes souffrent de mots de tête. Au point le plus haut, presque tous les passagers du car se sont endormis comme bercés par un charme andin... Le réveil a été très dur pour l'un d'entre eux, les yeux exorbités et la même tête qu'après une méga cuite. Heureusement les effets se dispersent assez vite en descendant.

Une fois de plus, à la douane, on me prend pour un brésilien ou un italien. Il est vrai que mon accent n'est pas le même accent que la plupart des français qui parlent comme l'inspecteur Clousot dans la panthère rose... ou comme Jacques Yves Cousteau.

San Pedro de Atacama est un très petit village avec des constructions basses. Tout est en terre, en "adobe". Les gens sont assez froids d'un premier abord, comme s' ils se foutaient complètement de l'impression laissée... ça ma fait un peu penser à ce que j'ai entendu des français par les gens ayant visité notre beau pays... C'est un peu triste d'entendre ça mais c'est ainsi. Enfin je peux vous dire que quand on le vit, on comprend bien.

En fait on est dans le pays du "démerdez-vous", et "si je peux vous donner des infos inverses, je le fais..."

Par exemple, nous louons des vélos et des Sandboard avec Christian, un pote de rencontre australien super sympa. Les gars de la location nous disent qu'il n'y a pas de soucis pour trouver le spot de sandboard, ils nous filent un plan tout naze, faux, où le lieux que nous cherchons se trouve en dehors de la carte... Et je peux vous dire que dans le désert andin, quand vous vous plantez de route, vous le sentez... Ceci est un exemple parmi tant d'autres...

Il se peut aussi que vous achetiez une bouteille d'eau minérale avec de l'eau de pluie ou du fleuve, ou de je ne sais où dedans... J'ai fait l'expérience, j'ai eu la chance de ne pas être malade, beaucoup de chance je crois.

Je ne peux rester dans ce pays, j'y reviendrai pour mieux le connaître, je ne veux pas rester sur une mauvaise impression.

mercredi 29 juillet 2009

Mystères de la sagesse immobile

Pour compléter mon post, je vous propose quelques extraits de Mystères de la sagesse immobile du Maître Takuan écrit au XXVIè siècle.

"Ce monde est comme un rêve, il n'est pas perpétuel. On est content de rassembler beaucoup de biens et de trésors, mais c'est comme en rêve, on obtient de l'argent, on le prend pour de l'argent réelet on s'en réjouit infiniment, mais une fois éveillé, on s'aperçoit que ce n'était pas de l'argent. Dans le rêve, on ne sait pas que l'on rêve. (...)

On construit une maison et un pavillon magnifiques, mais on ne sait pas qu'ils sont des mirages et des châteaux de fantômes. Les gens en sont contents parce qu'ils les prennent pour réels. Les conflits avec les autres sont des rêves. (...)

Seulement la voie du rire est entendue dans le ciel. (...)

Lorsque les autres sont bien habillés, moi aussi je veux être bien habillé afin de ne pas leur être inférieur. Lorsque les autres construisent une bonne maison, moi aussi je construis une bonne maison afin de ne pas leur être inférieur. Mais le meilleur est d'avoir un esprit correspondant à son niveau. Lorsque les autres manifestent leur intelligence, je leur fais concurrence afin de ne pas leur être inférieur. Tchouang-CHeng (...) disait "l'intelligence est un instrument de querelle."

Lorsque les autres occupent une situation supérieure, je les concurrence afin d'occuper une situation supérieure.

Lao-tseu a dit dans Traité du principe et son action : "L'eau coule vers le bas, Donc il n'y a pas concurrence."

S'il n'y a pas de raison d'être cupide, l'absence de cupidité n'est pas tellement excellente. Si on est sans cupidité, avec une raison, c'est encore mieux. On connaît la valeur du trésor et lorsqu'il faut en faire l'aumône, on fait l'aumône, lorsqu'il faut l'abandonner, on l'abandonne, et lorsqu'il faut le prendre, on le prend.

C'est pourquoi un dicton Zen nous dit : "L'homme vertueux aime les biens matériels et il a la voie pour les acquérir.""

Où en est-on ?

Voici deux mois exactement que j'ai mis les pieds sur le sol Argentin. Il est temps pour moi de partager avec vous quelques observations, qui, après réflexion, viennent en même temps que l'idée des portraits et font suite à une discussion avec mon ami Luis fabian, argentin vivant à Nantes. Mon expérience personnelle me renforce dans mon idée de départ, l'homme est le même partout avec des différences extrêmement riches à partir du moment ou on le lit ou on l'écoute. On découvre alors des mondes dans les mondes. Ici il y a de grosses différences entre Buenos Aires et Salta par exemple. L'une est très occidentale, l'autre Andine. Mon impression est que l'occident se perd dans sa course au developpement et au toujours mieux de demain. Nous vivons dans la peur du lendemain jusqu'à en oublier aujourd'hui. Nous avons peur de mourir, et peur que cela s'arrête. Pour cela nous sacrifions notre bonheur jusqu'à ne presque plus vivre et donc cultiver une petite mort chaque jour, alors que c'est ce que nous craignons... Les peurs des maladies nous stressent jusqu'à nous rendre malades. Nous cultivons nos cercueils et alimentons par l'urgence du monde, des besoins de résolutions qui créent de nouvelles dépendances. Bien entendu cela n'est pas manichéen, le progrès amène des choses merveilleuses et par manque de sagesse, au nom de celui-ci nous nous empoisonnons.

Quelques maladies auto-immunes qui se répandent peuvent nous amener à de grandes réflexions sur nos modes de vie. Nous cherchons toujours à l'extérieur les solutions, ou les causes des choses. Un peu de bon sens parfois peut nous faire simplement réfléchir à nos maladies modernes, le cancer par exemple. Et si ce n'était pas que l'environnement qui nous rendait malade (grillades, vins, ...) mais notre société ? Et si notre course au mieux nous arrêtait "naturellement" ? Hier, j'ai visité un musée où est exposée une momie vieille de 500 ans.

Pour en savoir plus, visitez le site du musée archéoloique de haute montage de Salta (MAAM)

Cela nous rapproche vraiment de manière saisissante de nos ancêtres et de sociétés bien bien différentes. C'est un peu comme si on exposait dans une colonie martienne dans 500 ans, un corps d'homme ayant connu la terre... Les scientifiques ont donc analysé, décortiqué, déshabillé, exposé cette momie d'une petite fille de 7 ans. Quand je dis momie, on n'est pas face à des bandelette, mais bien à une conservation incroyable de l'aspect physique de la petite fille.

Outre le voyage spirituel, cela m'a fait pensé à une chose. Je ne crois pas avoir entendu parlé de traces de cancer dans les restes archéologiques pourtant très étudiés de part le monde. A quand remonte donc cette pathologie et comment pourrait-on analyser l'environnement social des malades afin de faire naître de nouvelle théories. Sans doute en existe-t-il, mon ignorance me fait vous demander si vous en connaissez. N'hésitez pas à m'en faire part.

Continuons. Pasteur disait : "le poison c'est la dose !" Nous passons notre vie à la gagner pour pouvoir "en profiter". Voilà la notion importante qui change le paradigme. Pour nous, et moi le premier, pendant un certain temps, profiter de la vie était lié à la notion de biens. Je travaillais pour pouvoir ensuite "me faire plaisir", c'est à dire acheter des biens qui me permettait de me faire plaisir. "Me faire plaisir", "me faire plaisir", au bout d'un moment, cela a fini par sonner un peu comme une mauvaise formule magique. Formule qui couvrait, masquait des "trucs" grossiers. Le magicien de music hall fait croire à une magie dont il connaît les mécanismes mieux que personne et qui pour lui, n'a rien à voir avec la vraie magie, la foi. Un magicien est finalement l'homme le plus loin de ce qu'il montre, il crée une magie artificielle qui détruit pour lui, la vraie magie. Qu'est-ce que se faire plaisir ? C'est finalement un concept bien personnel, qui, j'en ai l'impression, est appliqué à tous (parce qu'on le veut bien) comme quelque chose qu'on ne peut remettre en cause. Pourquoi cela ? Car bien souvent, au moment où on se pose ces questions, l'entourage revient avec ses propres voies sans issues pour vous dire "Mais tu ne peux pas vivre de rien, tu aimes quand même te faire plaisir ?"

Question à laquelle, si on n'a pas décortiqué le sens profond de ce que cela veut dire pour nous, nous répondons forcément "oui c'est vrai, j'aime me faire plaisir...donc je ne peux m'interroger sur mon mode de vie qui me le permet !" C'est un peu comme s'arrêter aux épines du cactus. A l'intérieur de la plante, on trouve jusqu'à 30 litres d'eau, que l'on ne tire pas en croquant à grandes bouchées dans le piquant. Raccourcis, elypse de réflexion menée par un contexte social que nous même nous nourrissons. Il est donc question de s'extraire de cela pour pouvoir interroger réellement le sens, et distinguer la forme que nous croyons être inséparable de notre culture, donc de notre identité. Nous ne sommes ni notre culture, ni notre corps, ni notre esprit mais simplement une énergie qui peut reprendre sa liberté sur ses outils (corps, esprit, culture, environnement...).

Depuis deux mois, je me mets en mode "enfant", c'est à dire que je bois ce qui se présente sans rester campé sur ce que je pourrais croire être ce qui me constitue. Ainsi, l'apprentissage et l'intégration sont très différents. On me demande aujourd'hui toujours d'où je viens, et la réponse "France" surprend. On me prend plus pour un brésilien ou Italien ou autre. Au Maroc, il s'etait passé la même chose, à Madagascar aussi, croyant toujours que j'étais né dans le pays. Ceci n'est pas une dépersonnalisation mais tout le contraire je crois.

Pour en revenir à une observation plus sociale et politique, ici, d'une certaine manière on prend du retard à la course mondiale par choix de vie, ce qui crée des aberrations puisque l'on applique un modèle de vie à des habitudes contraires. La vitesse se heurte à la contemplation. Je regarde les chiens des rues, beaucoup. (bon les filles aussi mais c'est un autre sujet :-)) Je crois qu'ils sont comme les hommes il y a quelques temps, paisibles, profitant de ce que l'environnement offre, ni plus ni moins, avec leurs coutumes leurs rythmes.

Imaginez mettre un moteur de Formule1 dans une deux chevaux, le chassis (culturel) ne suivra pas, et on se heurtera à des soucis de fonctionnement. La deux chevaux a beaucoup de charme, ce n'est pas le même usage qu'une auto de course, alors pourquoi vouloir en faire un bolide si c'est pour passer son temps au garage plutôt que de visiter à petite vitesse des chemins inaccessibles en Formule 1.

Moi je dis ça, je dis rien !...

mardi 28 juillet 2009

Portrait N°2 : Roberto et Ignacio

Je rencontre Roberto et Ignasio dans un hostel (auberge de jeunesse) à Salta. J'y réside depuis quelques jours et pour la première fois depuis longtemps, je crois pouvoir passer la nuit seul. Dans le dortoir, il n'y a aucun autre lit occupé que le mien, et par moi ça tombe bien. Il est tard et personne ne devrait arriver maintenant, plus de "collectivo", les bus de tourisme, annoncés à cette heure. Ils viennent des quatre coins du pays, mais aussi du Chili, de la Bolivie, du Brésil. Personne ne devrait venir troubler mon sommeil réparateur, personne sauf Roberto et Ignacio...

Roberto (à droite sur la photo) a 28 ans, argentin de la capitale fédérale (Buenos aires), porteño comme on dit ici. Il travaille pour Bausch and Lomb, marque de lunettes, comme représentant commercial. Toute sa famille est dans la lunette, de père en fils, ça vous donne une certaine vision de la vie.

Ignacio a 28 ans, argentin, porteño également. Il sera avocat dans quelques mois et porte une superbe moustache digne des brigades du tigre.

Roberto et Ignacio sont en vacances. Ils partent ensemble comme deux vieux compères à la recherche d'aventures nouvelles. Ils se connaissent depuis qu'ils ont trois ans. Extrêmement sympathiques dès le premier abord, Ils me racontent leur voyage depuis Buenos Aires. Ils sont partis le matin même pour parcourir 1500 km sans manger pour ne pas dormir. Malgré une bonne forme, la faim commence a les tenailler. Ignacio porte sur lui la panoplie complète du parfait espagnol. Je saurai plus tard qu'il descend d'Italien et de Hollandais. Le béret large en laine noire protège sa moustache d'éventuelles agressions venues du ciel, il porte toujours en bandoulière une "bota", cette gourde typique espagnole prête à accueillir du vin, ou toute autre potion magique. Pour tout dire, si Roberto était plus petit et avec des ailes sur la casquette, j'aurai cru avoir rencontré Astérix et Obélix.

Ce sont des bons Gaulois comme on dit chez nous. Ils engloutissent des sangliers comme de le dire, ici sous forme d'empanadas, de tamales et de parilla. Que des trucs légers donc ! Tout ça arrosé de vin de la bota et de quelques verres ou bouteilles supplémentaires. Roberto et Ignacio sont des jouisseurs, des généreux, des pantagrueliques. Ils sont attachants par leur simplicité à se faire plaisir et ils la communiquent.

Toujours à sortir un bon mot, à aller parler aux filles dans la rue ou ailleurs, ils lient très vite des liens. Bien sur pour parfaire la panoplie Ignacio ajoute un Havana gros comme une jambe de bébé à ses outils de plaisir.

Ils peuvent parler des heures à des inconnus, du moment qu'il y a de l'échange. Roberto et Ignacio, ça fait un peu titre de bande dessinée pour enfants des années 60.

C'est ce que je ressens quelque part à voir ces garçons de 28 ans qui en paraissent 40 par leur façon d'être. Ils ne sont pas vieux, ils sont un peu l'image du père ou du tonton quand on est petit. Le bonhomme sympa avec une grosse voix qui pince les joues du dernier né un peu fort en avalant cul sec une lampée de goutte et en remontant son froc en reniflant, juste avant un vrai et franc sourire. Humains, simplement.

samedi 25 juillet 2009

Portrait N°1 : Sandrine et Peter

Premier essai, peut-être d'une série, je décide de faire le portrait des gens que je rencontre pour vous faire partager ces moments. Ce seront des morceaux choisis, des rencontres choisies, pas par plaisir, j'aimerai vous faire connaître la diversité de toutes ces personnes qui croisent mon chemin, mais parce que je ne pourrai faire le portrait de tous, toutes mes journées n'y suffiraient pas.

Aujourd'hui je vous présente Sandrine et Peter.

Elle, est française, travaille dans une banque et est à deux doigts de terminer sa thèse en mathématiques. Sandrine est en congé de maternité. Lui est hongrois, travaille dans la finance, en ce moment en vacances d'interjob dirons-nous. Peter est très présent et s'implique beaucoup dans le travail que représente le fait d'avoir un enfant, même si manifestement, ils ne le prennent pas comme un travail. Ils vivent à Londres depuis 7 ans. Laura, leur première petite fille a 6 mois... Ils voyagent depuis 3 mois. Certains les prennent pour des fous de voyager avec une toute petite fille. Ils sont très très loin d'être fou. Je les rencontre dans une excursion à Cachi, petite ville située à 150 km de Salta. L'une des particularité de cette excursion est le passage d'un col de 3348m. Il est 7h00 du matin lorsque l'on part de Salta, il fait -5°c. La petite est adorable, sourie tout le temps et en deux heures devient la mascotte du bus. Elle a les yeux couleur du ciel de Cachi dira le chauffeur... Et quand on a connu cette lumière une fois dans sa vie on ne l'oublie pas. Les deux jeunes parents sont extrêmement décontractés, le bébé adopte la même attitude. Il est en bonne santé ce bébé, une chance certainement accentuée par son exposition à de multiples microbes et donc une faculté de résistance et d'adaptation accrue. La peur, les parents la font leur et l'amadoue comme si de rien n'était. Le bébé passe de bras en bras et il s'en porte plutôt très très bien.

Nous sommes loin, très loin des atmosphères aseptisées européennes. La vie s'est chargé (malheureusement) d'apprendre à ces jeunes gens à quel point elle est précieuse cette vie et qu'il est donc bon de la vivre le plus pleinement possible, en évitant les pièges des craintes à toutes volées. La pause du voyage ils se l'autorisent depuis longtemps, mais cette fois c'est une longue pose pendant laquelle ils profitent pleinement de la petite, la voit grandir avec émerveillement, s'adapter aux situations et ... sourire. Ce sourire d'enfant leur redonne à eux, à nous, adultes, le sourire franc de la découverte du monde, le temps de la candeur, de l'échange simple, que nous avons tous en nous la possibilité de retrouver.

jeudi 23 juillet 2009

Rencontres, encore...

Quand on voyage, il y a des moments où les choses semblent concorder toutes ensemble dans un but précis. A certains moments, on a l'impression que le sort s'acharne un peu et ce, souvent pour des bêtises, une clef de cadenas perdue, un autre qui ne veut plus s'ouvrir, un lacet qui casse, puis une sangle de sac, une fermeture Eclair qui s'ouvre par le bas, la carte bleue qui ne fonctionne plus... enfin tous ces petits trucs qui font chier mais qui finalement n'ont aucune importance. Tout sentiment d'urgence présent, dans mon cas, pour résoudre le problème qui survient, immédiatement, fait place à une certaine philosophie (barbarisme populaire) et à une remise au lendemain possible de ladite résolution. Le temps est finalement une chose bien relative.

D'aucun dira "oui c'est facile en vacances de prendre son temps" ! Certes, mais prenez-vous votre temps en vacances ? Bon alors d'aucun ajoutera "Ben oui mais non mais il faut du temps pour prendre son temps !" Voilà, il faut du temps pour prendre son temps. On lutte pour réussir à s'autoriser une chose naturelle (prendre son temps), enfin une chose qui, en dehors du monde, du rêve que l'on a créé, n'existe tout simplement pas. Où veux-je en venir ? Nulle part. Voilà encore un trait très marqué de notre conditionnement. Parfois il est bon de ne pas savoir où l'on veut en venir, sans se soucier du temps, juste en vivant l'instant pour ce qu'il est, comme pour planter une graine de réflexion, d'énergie, de partage, sans en demander plus.

Dans ces moments de vide, que l'on pourrait remplir de colère, d'envie ou de regrets, il survient toujours de très bonnes choses.

Je suis donc en ce moment "bloqué" à Salta puisque j'attends qu'une nouvelle carte bleue soit fabriquée et me soit envoyée. En effet la mienne ne fonctionne plus, dieu sait pourquoi. Je ne peux donc plus retirer d'argent, ni au distributeur, ni à la ventanilla, le guichet. Il me reste 130 pesos sur les 200 que m'a prêté un ami argentin rencontré ici pour tenir 5 jours. Aucun soucis ici si je reviens à un mode de consommation comme je l'ai en Europe, c'est à dire faire attention un petit peu. Je me cale donc dans un hostel (auberge de jeunesse) et vais passer un peu de temps à le prendre (le temps).

Dans un certain équilibre naturel, on rencontre donc des situations qui en dépit d'une présence forte à priori, c'est à dire qu'elles paraissent anodines, s'insinuent de manière à créer des moments plus ou moins inoubliables, voire des moments qui vont changer votre manière de penser et de voir les choses. Ces rencontres peuvent rester à l'état de passage, peuvent créer une émotion, un émoi. Elles peuvent aussi, rarement, se trouver être des rencontres d'âmes dirons-nous. Ces rencontres sont d'une force incroyable. Il est de ces gens que l'on reconnaît au premier coup d'œil, que l'on reconnaît sans les connaître. Il existe des personnes qui nous sont proches alors que nos vies sont très différentes. Cela se jauge immédiatement dans la façon de bouger, de s'asseoir, de sourire, de marcher, de se positionner sur ses jambes, de dodeliner de la tête ou non. On ne peut donc s'empêcher de se parler, il y a comme une évidence, une facilité qui nous invite à prendre des nouvelles de la personne que l'on connaît déjà sans la connaître... Alors on commence à discuter de rien et vite, le tout prend sa place. La discussion devient profonde en 10 minutes, on échange sur des convictions, des croyances, tout en riant de complicité sur un événement quelconque. La même attention se porte sur un oiseau perché, la même intention de continuer ce moment naît conjointement. Souvent, le temps de rencontre est limité, à 4 jours, un après-midi, parfois simplement 2h. Et là on se surprend à autoriser des choses que d'habitudes on ne ferait pas, on se laisse guider par son instinct. Puis les secondes frappent de plus en plus fort le moment de l'au-revoir. Rien ne s'est passé, et tout est passé. Le temps s'est contracté pour transmettre de l'amour, simple, noble. Je parle ici d'échanges platoniques, entendons-nous bien. Le plus fou est que bien souvent, la personne que l'on rencontre de cette manière va nous donner une chose par instinct qui sera pour nous comme une clef, très importante. la conjonction se fait de façon douce et évidente, le passeur nous attendait, la transmission s'est faîte, dans les deux sens. Une impression que l'autre tombe du ciel appui un sentiment fort de gratitude qui va grandissant dans les heures, les jours qui suivent.

Ces rencontres sont des indicateurs, des signaux que l'on est en droit d'écouter ou non. Quand on les écoute, ils nous ouvrent les portes d'une nouvelle compréhension des choses, comme si les éléments qui le composent se bouleversaient totalement pour revenir dans un nouvel ordre, éclairé de possibilités et de libertés incroyables.

mardi 21 juillet 2009

Dégustation de canne à sucre



Comme vous le voyez, découper la canne est assez simple, ensuite il  ne reste plus qu'à mastiquer le morceau pour faire sortir le jus délicieux dont regorge cette merveille de la nature. C'est impressionant de trouver du sucre naturel ainsi, ça change de la boite rose en plastique ! :-)

lundi 20 juillet 2009

Jour des amis !

Ici c'est je jour des amis aujourd'hui ! les gens sont adorables, s'envoient des messages vraiment plein d'amour sans complexes, sans fleurs débiles, juste avec sincérité, j'adore. ALors mes amis, de France, d'Argentine, de Madagascar, de Pouzeauges ou d'ailleurs je vous embrasse très fort ! Mando un beso muy grande a mis amigos de todo el mundo !

Tucuman

Tucuman ou plutôt San Miguel de Tucuman est une ville que j'ai senti un peu étrange. Elle est située dans le nord-ouest du pays, à 1 086 km au nord-ouest de Buenos Aires.

De très jolis édifices magnifiquement éclairés de nuit révèlent son histoire très importante. Des bâtisses coloniales somptueuses dialoguent avec le passé. C'est ici que fût signé la déclaration d'indépendance des provinces unies d'Amérique du sud, de l'Espagne. Je me rends compte que ma culture générale est finalement très réduite à la toute petite Europe et je suis heureux d'apprendre tout cela. L'Espagne dirigeait en effet les provinces jusqu'à ce que les descendants des espagnols, des français aussi, des italiens... natifs du nouveau monde, veuillent vivre dans des états indépendants de la mère coloniale. C'est donc ce qui s'est passé à Tucuman, après des guerres sanglantes entre les armées unies et les soldats espagnols. J'ai assisté à une représentation des moments de l'indépendance très instructive et assez vibrante sur la notion d'appartenance à une terre, à une patrie. Ce sentiment est vraiment particulier ici, en Argentine, il existe, il est fort, des drapeuax ornent toutes les villes, les balcons des centre-villes, les retro-viseurs des voitures, les chaises des restaurants. C'est un pays immense pourtant. Je dis pourtant car cela complique d'un certain sens le sentiment de cohésion. les cultures y sont différentes, très différentes d'un côté à l'autre de l'Argentine, avec des changements impressionnants. Buenos Aires est une ville européenne, Tucuman par exemple semble l'être mais la mentalité ici est très particulière. On a beaucoup plus l'impression d'un conservatisme macho. Cela ressemble plus à un grand village où la vie del campo (de la campagne) préside à l'organisation.

Tucuman est nommé "Jardin de la République" pour ses cultures très riches en cannes à sucre et en citron (premier exportateur mondial) notamment. Elle était avant l'effondrment du prix du sucre de cannes, une rivale sérieuse de Buenos Aires sur le plan économique. Elle reste toutefois puissante.

La nature explose dès que l'on sort de la ville et des bidon-villes récents qui la borde. Les paysages sont magnifiques. La multiplicité des essences d'arbres permet à l'hiver de rester très vert, malgré la forte présence d'arbres à feuilles caduques. Les sons étonnent, les cris des oiseaux me surprennent et me font penser aux enregistrements de la forêt amazonienne que j'ai pu entendre. Le grand barrage fait naître un lac splendide avec vue sur les montagnes. Le barrage a été ici un lieu de découverte macabre après la dictature. Une sécheresse inédite a mis à jour les restes des rebelles, tous fusillés et jetés dans le lac.

Sur le mont (cerro) San Javier existe un Christ, el Cristo Bendicente de San Javier, comparable à celui qui surplomble la baie de Rio (qui n'est pas le plus grand du monde, contrairement à ce que je croyais). Celui-ci est plus petit mais atteint quand même ses 28m de hauteur pour 1,35 tonnes. Il est né en 1942, on ne sait pas si il continuera à grandir! :-) Après, les miracles....

(Bon sur la photo, on a l'impression qu'il lève le doigt pour dire un truc mais personne ne lui a donné la parole encore, c'est balot!)

J'ai un sentiment contrasté ici de post-modernisme exacerbé et de conception d'un autre âge ou bien d'autre latitude, ceia dit c'est bien normal finalement. Par exemple, une amie argentine me racontait qu'en France, certaines personnes croyaient qu'en Argentine il n'y avait pas d'auto, pas de DVD... bon je vous rassure c'est loin d'être le cas !

Cinq minutes après, elle me racontait que dans l'intérieur du pays (en Argentine), elle s'est trouvée une fois dans une discothèque avec deux amies et deux amis.

Les hommes du coin, voyant ces jolies femmes inconnues se trémousser ont tout simplement proposéaux deux gardes du corps d'échanger mon amie contre une camionnette ! Incroyable. Alors que mon amie vaut facilement un ou deux camions finition luxe et jantes en argent! :-p Je plaisante bien sur.

Cependant, je pense qu'à mon retour en France, je vais organiser des stages de connaissance du machisme pour toutes mes copines françaises qui pensent qu'aller faire du foot avec ses potes ou se faire un week-end trekking sans femmes (parce qu'elles n'avancent pas (nous on est bien des boulets en shopping remarquez !)) est un manque de respect du couple. Moi je vous le dis, tout est relatif !

Source de l'image : http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/GIF/albanie_machisme.GIF

lundi 13 juillet 2009

Parapente à Mendoza

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