Le Blog "Des cousins au bout du monde"

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mardi 28 juillet 2009

Portrait N°2 : Roberto et Ignacio

Je rencontre Roberto et Ignasio dans un hostel (auberge de jeunesse) à Salta. J'y réside depuis quelques jours et pour la première fois depuis longtemps, je crois pouvoir passer la nuit seul. Dans le dortoir, il n'y a aucun autre lit occupé que le mien, et par moi ça tombe bien. Il est tard et personne ne devrait arriver maintenant, plus de "collectivo", les bus de tourisme, annoncés à cette heure. Ils viennent des quatre coins du pays, mais aussi du Chili, de la Bolivie, du Brésil. Personne ne devrait venir troubler mon sommeil réparateur, personne sauf Roberto et Ignacio...

Roberto (à droite sur la photo) a 28 ans, argentin de la capitale fédérale (Buenos aires), porteño comme on dit ici. Il travaille pour Bausch and Lomb, marque de lunettes, comme représentant commercial. Toute sa famille est dans la lunette, de père en fils, ça vous donne une certaine vision de la vie.

Ignacio a 28 ans, argentin, porteño également. Il sera avocat dans quelques mois et porte une superbe moustache digne des brigades du tigre.

Roberto et Ignacio sont en vacances. Ils partent ensemble comme deux vieux compères à la recherche d'aventures nouvelles. Ils se connaissent depuis qu'ils ont trois ans. Extrêmement sympathiques dès le premier abord, Ils me racontent leur voyage depuis Buenos Aires. Ils sont partis le matin même pour parcourir 1500 km sans manger pour ne pas dormir. Malgré une bonne forme, la faim commence a les tenailler. Ignacio porte sur lui la panoplie complète du parfait espagnol. Je saurai plus tard qu'il descend d'Italien et de Hollandais. Le béret large en laine noire protège sa moustache d'éventuelles agressions venues du ciel, il porte toujours en bandoulière une "bota", cette gourde typique espagnole prête à accueillir du vin, ou toute autre potion magique. Pour tout dire, si Roberto était plus petit et avec des ailes sur la casquette, j'aurai cru avoir rencontré Astérix et Obélix.

Ce sont des bons Gaulois comme on dit chez nous. Ils engloutissent des sangliers comme de le dire, ici sous forme d'empanadas, de tamales et de parilla. Que des trucs légers donc ! Tout ça arrosé de vin de la bota et de quelques verres ou bouteilles supplémentaires. Roberto et Ignacio sont des jouisseurs, des généreux, des pantagrueliques. Ils sont attachants par leur simplicité à se faire plaisir et ils la communiquent.

Toujours à sortir un bon mot, à aller parler aux filles dans la rue ou ailleurs, ils lient très vite des liens. Bien sur pour parfaire la panoplie Ignacio ajoute un Havana gros comme une jambe de bébé à ses outils de plaisir.

Ils peuvent parler des heures à des inconnus, du moment qu'il y a de l'échange. Roberto et Ignacio, ça fait un peu titre de bande dessinée pour enfants des années 60.

C'est ce que je ressens quelque part à voir ces garçons de 28 ans qui en paraissent 40 par leur façon d'être. Ils ne sont pas vieux, ils sont un peu l'image du père ou du tonton quand on est petit. Le bonhomme sympa avec une grosse voix qui pince les joues du dernier né un peu fort en avalant cul sec une lampée de goutte et en remontant son froc en reniflant, juste avant un vrai et franc sourire. Humains, simplement.

samedi 25 juillet 2009

Portrait N°1 : Sandrine et Peter

Premier essai, peut-être d'une série, je décide de faire le portrait des gens que je rencontre pour vous faire partager ces moments. Ce seront des morceaux choisis, des rencontres choisies, pas par plaisir, j'aimerai vous faire connaître la diversité de toutes ces personnes qui croisent mon chemin, mais parce que je ne pourrai faire le portrait de tous, toutes mes journées n'y suffiraient pas.

Aujourd'hui je vous présente Sandrine et Peter.

Elle, est française, travaille dans une banque et est à deux doigts de terminer sa thèse en mathématiques. Sandrine est en congé de maternité. Lui est hongrois, travaille dans la finance, en ce moment en vacances d'interjob dirons-nous. Peter est très présent et s'implique beaucoup dans le travail que représente le fait d'avoir un enfant, même si manifestement, ils ne le prennent pas comme un travail. Ils vivent à Londres depuis 7 ans. Laura, leur première petite fille a 6 mois... Ils voyagent depuis 3 mois. Certains les prennent pour des fous de voyager avec une toute petite fille. Ils sont très très loin d'être fou. Je les rencontre dans une excursion à Cachi, petite ville située à 150 km de Salta. L'une des particularité de cette excursion est le passage d'un col de 3348m. Il est 7h00 du matin lorsque l'on part de Salta, il fait -5°c. La petite est adorable, sourie tout le temps et en deux heures devient la mascotte du bus. Elle a les yeux couleur du ciel de Cachi dira le chauffeur... Et quand on a connu cette lumière une fois dans sa vie on ne l'oublie pas. Les deux jeunes parents sont extrêmement décontractés, le bébé adopte la même attitude. Il est en bonne santé ce bébé, une chance certainement accentuée par son exposition à de multiples microbes et donc une faculté de résistance et d'adaptation accrue. La peur, les parents la font leur et l'amadoue comme si de rien n'était. Le bébé passe de bras en bras et il s'en porte plutôt très très bien.

Nous sommes loin, très loin des atmosphères aseptisées européennes. La vie s'est chargé (malheureusement) d'apprendre à ces jeunes gens à quel point elle est précieuse cette vie et qu'il est donc bon de la vivre le plus pleinement possible, en évitant les pièges des craintes à toutes volées. La pause du voyage ils se l'autorisent depuis longtemps, mais cette fois c'est une longue pose pendant laquelle ils profitent pleinement de la petite, la voit grandir avec émerveillement, s'adapter aux situations et ... sourire. Ce sourire d'enfant leur redonne à eux, à nous, adultes, le sourire franc de la découverte du monde, le temps de la candeur, de l'échange simple, que nous avons tous en nous la possibilité de retrouver.