Le Blog "Des cousins au bout du monde"

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dimanche 12 juillet 2009

La compassion, remède ?

La compassion, remède ?

Sentiment d'hier soir

Ma solitude

samedi 11 juillet 2009

Synthèse documentaire du premier mois de voyage et de tournage

Voici donc un peu plus d'un mois que je me ballade dans ce pays fascinant qu'est l'Argentine.

Je commence à prendre un rythme de croisière et à aller à de choses plus efficaces. Je vais sans doute changer d'outils d'édition, je vais voir tout ça, enfin ça avance, se précise. J'ai commencé à tourner des petits formats avec une caméra d'appareil photo ou de portable comme vous avez pu le voir. L'idée est de pouvoir trouver un format et un ton avec ces outils qui soient complémentaires bien entendu du docu à proprement parlé.

Laissez-moi vos remarques si vous en avez ;-) !

Je vais donc vous parler un peu de ce que j'ai rencontré comme surprises, bonnes ou bonnes :-).

Comme vous le savez, j'étais parti avec une adresse de ferme d'éleveur à Santa Fé. Je ne savais pas quoi y trouver, une entreprise florissante ou bien rien, j'avoue que l'idée de ne pas savoir me plaisait aussi beaucoup.

C'est un peu comme la vie, on prend un chemin parfois sans savoir où il mène et le simple fait de se le demander peut empêcher de prendre le chemin.

Je me suis donc rendu à Santa Fé, à Manucho pour être précis, à une quarantaine de kilomètres de Santa Fé.

Je suis arrivé dans ce hameau où il y a en tout quatre propriétés.

J'ai donc demandé mon chemin afin de trouver "l'Estancia" (la ferme), personne ne connaissait à ma grande surprise, on m'a indiqué la plus grande propriété un peu plus loin. Je m'y suis rendu. Là encore, mystère, personne ne connaît l'estancia Santa Ana, pourtant donnée à mon contact français comme une propriété énorme.

Je rencontre une personne qui m'explique que la propriété où je me trouve est aujourd'hui la propriété de l'église, qui en a consacré une partie à faire des classes pour les jeunes. Ces terres ont été données apparemment par une famille il y a longtemps. L'étendue dont elle parle est immense.

Je repars avec ces infos ne sachant quoi en faire, mais bon, je les ai.

De retour à Santa Fé, j'épluche les pages blanches à la recherche de la famille RENAUD. Je trouve trois noms, j'appelle, ils ne savent rien de leur histoire. L'un de mes correspondants, Luis RENAUD, veux bien me recevoir, c'est un homme âgé qui a l'air très ouvert.

Je continue un peu mes recherches et demande à l'homme de l'accueil de l'hôtel, Adrián Damianovich s'il ne connaîtrait pas un peu une estancia du nom de Santa Ana... J'ai la chance de tombé sur une personne très ouverte et cultivée. Là je lui parle de mon projet, il se trouve qu'il est descendant de français d'une part et passionné de généalogie, je ferai une interview très chouette de lui dans sa ville, me montrant les lieux emblématiques résonnant avec l'histoire des chemins de fer du pays et l'histoire de sa famille.

J'ai donc rendez-vous avec M. Luis Renaud, que j'ai eu un peu avant au téléphone.

Je me rends à son domicile avec mon sac à dos, le pied de caméra dans sa housse, mon mètre quatre vingt-sept, ma casquette et ma candeur.

Je sonne, la porte s'entrouvre. Là un grand-père un peu apeuré ouvre et me dit qu'il ne sait rien, qu'il ne pourra rien me dire, il referme presque la porte.

Je lui explique que peut-être quelques infos pourraient m'être précieuses, si infimes soient-elles et que s'il préfère, nous pouvons nous voir en un lieu public, je lui propose de prendre un café où il le veut, un peu plus tard.

Il commence par dire non, je n'insiste pas.

Il s'arrête me regarde pendant une dizaine de seconde et m'ouvre "Pase" (entrez) me dit-il.

Il m'expliquera plus tard que des personnes âgées se font attaquées chez elles, volées et assassinées pour quelques pesos.

Au lieu de quelques informations, c'est toute sa vie, passionnante que ce monsieur m'a raconté, multi-entrepreneur, engagé, une personne formidable avec un coeur énorme, drôle et humble. J'ai tout filmé, c'est magnifique. Il me montre ses photos de famille, sa grand-mère française, son père parti d'Argentine, engagé volontaire auprès de la France pendant la guerre 14-18, enfin, un trésor.

Je retourne à Buenos Aires avec ce matériel, encore une fois sans savoir ce que j'en ferai pour mon histoire mais bon.

On fait un peu les cons avec les gars de l'hôtel, l'un des responsables est anglais et me chambre sur les français, bon, normal. Là, une dame d'une soixantaine d'année vient le remplacer pour la journée, elle entend les vannes et lui dit "attention, tu sais que mon nom est français monsieur, je m'appelle Renaud, alors vas-y molo avec les vannes !"

Renaud, Renaud....

Je lui explique ma démarche, lui raconte ma rencontre avec M. Luis Renaud, son visage se couvre alors d'un masque d'émotion.

C'est son cousin, elle en a eu connaissance et le cherche depuis longtemps, sans vraiment le chercher !

Elle n'y croit pas, appelle sa maman immédiatement pour vérifier ce qu'elle sait, je lui donne mes éléments d'information, pas de doutes !

Je lui explique donc que j'ai avec moi plus d'une heure de film qui raconte sa vie !

Imaginez son émoi !

Nous prenons rendez-vous pour la projection de mes images à la famille. Ce sera chez la maman, une dame de 94 ans.

Seront présents Alicia donc, la femme de l'hôtel, sa maman, son frère et une cousine. Je leur projette le film et je filme. Fabuleux moment.

La grand-mère me témoigne un remerciement et une tendresse que jamais je n'oublierai. Les meilleurs moments sont off caméra et finalement c'est bien ainsi.

Ils vont prendre contact, en vrai et déjà, me demandent si je n'ai pas envie d'aller à New York, ils ont entendu parlé d'un cousin là-bas...

Les gens n'osent pas faire la démarche, le concept fonctionne comme un pont, un lien, c'est une clef qui ouvre toutes les portes, j'en suis moi-même très surpris.

Je crois donc que la famille Renaud est celle de mon français. Je crois que c'est un cousin qui a du calancher tôt et dont les terres ont été données au clergé, un classiqueapparemment dans la famille, très riche au début du siècle qui a donné presque toute sa fortune à l'église et à l'état français par simple patriotisme !

Voilà rapidement pour la première histoire.

A cela s'ajoute une rencontre filmée avec un jeune de 18 ans qui descend de Basque français, il s'appelle GOIRI. Il me parle dans son restaurant typique de parilla, de son envie de rencontrer ses cousins français, de ce que doit être leur vie...

Ensuite San Rafaël, je rencontre M. Baudry, français de 65 ans, immigré en Argentine il y a 35 ans. Un personnage !! Sa famille est très pieuse. C'est un homme ouvert et super intéressant, on cause, d'économie, de politique, je filme.

Toutes les interviews sont faites face caméra, les personnes dans leur fauteuil favoris, chez eux. Je trouve que cela amène une intimité intéressante.

Il me confie par exemple que l'avarice ou le matérialisme est partout :

"Par exemple, je connais des gens très intelligents qui amassent des biens !"

J'adore.

On cause de plein de choses, je vais faire un coup de ski dans la cordillère des Andes (génial d'ailleurs) et puis on recause. Il me demande où je suis allé et me dis que c'est tout proche de là où l'avion de l'équipe nationale de rugby d'Uruguay s'est craché en 72.

Vous vous souvenez de ce crach sûrement, "les survivants", l'histoire de ces hommes qui ont mangé leur congénères pour survivre.

Il me montre où cela se trouve sur Google earth (je filme) et puis m'explique que deux de ses filles faisaient partie d'une expédition pour aller faire une messe sur le lieu de la catastrophe, il me montre les photos, puis ce qu'a rapporté une de ses filles, un morceau de l'avion, tout tordu, une glissière de fixation de siège je pense.

C'est fou comme la pièce est travaillée, comme un morceau de verre que l'on récupère sur une plage, sculpturale, elle a presque pris une autre identité que sa fonction première.

Et puis encore, la carte d'identité d'un des membres de l'équipage, enfin non pas une carte d'identité... une carte de mutuelle spéciale pour les accidents !!!

Il s'absente deux minutes, revient avec une scie et me dit "je vais te faire un cadeau" !

Il commence à scier la relique de l'avion.

Vous vous imaginez de ce que c'est que ce morceau d'avion, de ce que cela représente en terme émotionnel, en énergie, en questionnements humains, religieux, liés à la catastrophe ! Il scie.

"TIens"

Voilà, j'ai un reçu en cadeau aujourd'hui un morceau de l'avion qui fait se poser aujourd'hui à l'homme les questions les plus folles sur sa finitude, ses croyances, son animalité dans un monde technologique et rationnel.

Je prends le bus en direction du nord maintenant, M. Baudry m'a parlé d'un endroit lunaire où est extrait le lithium, c'est la plus grosse source mondiale, autant vous dire qu'économiquement c'est une mine !!! Sauf que l'Argentine n'en voit pas un pesos..

Encore des histoires politiques et économiques louches, encore un sujet polémique ! Des comme ça il y en a beaucoup, l'Amérique du sud est extrêmement riche en ressources, on y crée la pauvreté que je vais bientôt rencontrer en Bolivie et au Pérou.

To be continued...

Route de Tucuman

D'un coup les monts se taisent, ils stoppent leurs tentatives de joindre le ciel. Un lacet bleu marine marque leur quiétude, dans la vallée. Après cette frontière et à perte de vue, des étendues bleues, vertes, difficile de savoir si les îlots d'arbres flottent sur des lacs ou bien si ce sont des herbes tendres qui tapissent le sol, un peu plus bas.

Les cultures forment des figures géométriques très distinctes. Ce ne sont plus des vignes mais des vergers, des arbres touffus, des sapins peut-être aussi.

Nous descendons doucement des hauteurs. Le car chemine au travers de propriétés immenses délimitées par des poteaux de bois et du fil de fer.

Ce sont bien des herbes, des plantations qui irradiaient de leur couleur verte depuis le haut des monts.

Je ne m'étais pas rendu compte à quel point voir de l'herbe me manquait.

Catamarca

Je suis dans le bus qui me mène à Tucuman. Le bus quitte la station de Catamarca, les paysages ici deviennent très beaux, des arbres, enfin il y a des arbres. La verdure couvre les monts comme un duvet soyeux sur une peau de bébé. La pré-cordillère se découpe en plusieurs niveaux. Ce n'est pas un simple bandeau de montagnes qui se déroule le long de la route mais deux, trois, quatre, rangées plus ou moins hautes. Des oliviers, des pins ombragent enfin ces vallées perdues et désertes que nous traversons depuis des heures, depuis des jours pour moi.

La région de Mendoza et celle plus au sud de San Rafaêl sont presque vides de végétation haute. Les bosquets simplement font l'affront au soleil de s'élever du sol. rien d'autre ne pousse sur ces cailloux bruns et épineux.

Il y a quelque chose de spécial ici, une énergie, une frénésie de vie de la nature. Des cactus géants s'élèvent sur la partie gauche de la route, donc à l'ouest. Incroyables paysages, à droite de la route, le désert se perd dans les hauteurs relatives des "cerros", des monts rocailleux ; sur la gauche, le brun se colore de vert foncé, de jaune pour enfin structurer un tableau plus savoureux à l'œil que les compositions monochromatiques et très découpées de mes pérégrinations antérieures. Nous remontons à l'est maintenant, la cordillère s'éloigne doucement. Il y a parait-il dans la région des micro-climats insensés qui font passer, en une dizaine de kilomètres, de la forêt vierge luxuriante à des paysages lunaires dignes des meilleurs films de Science Fiction.

J'ai l'intention d'aller faire un tour dans l'un de ses paysages lunaires, pour aller y trouver la plus grande mine de lithium du monde. Elle se trouve dans le "salar del hombre muerto", littéralement, le désert de sel de l'homme mort... Je rentre dans mon voyage je crois maintenant,

Ces espaces me parlent ou du moins j'ai envie de les écouter. C'est un peu comme une symphonie à venir dont j'entends au loin les premières notes de trompettes. Plus je m'approche du silence, plus la musique s'amplifie.

jeudi 9 juillet 2009

Ski à las Leñas

mercredi 8 juillet 2009

YEahouuuuuuuuuuuu

Aujourd'hui je suis là : A las Lenas !

Je vais jusque dans les plus hautes cimes pour trouver des cousins !!

mardi 7 juillet 2009

Un peu d'enfance qui revient

Tous les médias relaient bien entendu les événements liés à la mort de Mickaêl Jackson. Tous les artistes du monde entier lui rendent hommage.

C'est une sorte de deuil national, la mort de cet homme réveille les polémiques, surprend par son ampleur et assomme par sa présence.

Mais que se passe-t-il ? Oui c'est un grand artiste, oui c'est un danseur incroyable, un génie de son temps, un homme qui a en quelque sorte inventer un art. Mais cela ne peut être que cela, pour que le monde entier pleure une personne, lui pardonne ce qu'il lui reprochait, le béatifie presque.

J'avoue que l'ampleur de ce décès me renvoie à des questions qui me font plaisir. Voir cet engouement incroyable, ces pleurs, montre à quel point la perte est importante. Mais de quel perte parle-t-on ? Finalement, le monde perd avec la mort de Mickaêl Jackson, une partie de son histoire, elle pleure le siècle dernier, son enfance, ses périodes de joie, d'innocence, de partage. Qui n'a pas partager un morceau du king of the pop avec ses amis, ses frères et ses sœurs ? Qui n'a pas chercher des moyens de se payer le dernier album tant attendu du père de Thriller ? Qui ne se souvient pas de la sortie de ce clip justement, où pour la première fois on goûtait à un mélange d'effroi, de passion, d'ivresse et de danse cabalistique, qui parlait à l'homme primitif qui sommeille en chacun de nous ? Jackson, ce sont des images indélébiles de la vie de plusieurs génération, c'est avec ses mélodies incroyables que nous avons traversé les bouleversements mondiaux les plus fous depuis la fin des années 60. Le son de la Motown, les tubes de Diana Ross, de Tina Turner, Stevie Wonder, Madmax, Billie Jean, Thriller, la chute du mur de Berlin, Bad et la naissance dans l'art et la BD du cyber punk. On pense aussi au film événement Moonwalker, à USA for Africa "we are the world, we are the childrens"...

Toutes ces choses ont construit notre imaginaire, nous ont fait connaître un monde, nous ont donné des vocations, des envies, ou simplement des ailes à l'adolescence, dans un moment d'émoi pour une jeune fille avec dans les écouteurs du walkman à cassettes "autoreverse" (pour les plus chanceux), un tube de Jackson, de Prince ou de Lenny Kravitz.

Tout cela ne disparaît pas, tout cela revient avec la mort de Mickaêl. Je me rappelle des disputes avec mes frères pour choisir le morceau à écouter sur la chaîne HIFI familiale, de l'album thriller. Je me souviens des essais de danse dans ma chambre, pour tenter de toucher une part du rêve de cet homme incroyable, beau, modeste et si "facilement" talentueux. Je me souviens aussi du goût du bois sur mes coudes ou genoux, chaque fois que je me cassais la gueule en tentant de tourner sur moi-même.

Je me souviens de la voix de ma mère provenant de l'autre bout de la maison qui me suppliait de baisser le son ! Mais baisser le son pour moi, c'était sortir du rêve maman !

Mickaêl Jackson, c'est un artiste, à l'image de son temps. Je me demande même à quel point il n'a pas porter, il ne s'est pas imbibé de la folie dégénérative de son époque. Je me demande si son corps ne peut pas nous parler directement de ce que l'humanité a créé dans d'autres domaines. Vous vous souvenez du "portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde ? Et si nous étions en présence d'un phénomène de la sorte ? Comme si Jackson portait les traits de l'humanité, de sa vanité, en gardant au fond de lui l'âme d'enfant que nous avons tous !

Mickaêl Jackson est une icône car il nous ressemble tellement que l'on en a fait un dieu, un monstre aussi, il incarnait nos forces insondables, nos faiblesses, nos folies et nos peurs. Il était aussi un homme plein d'un amour qu'il ne savait gérer, débordant d'humanité.

Mickaêl Jackson a été un des êtres les plus sensibles de son temps, un miroir offert à nos yeux, un artiste sans condition.

Peut-être lira-t-on sa vie de manière presque religieuse dans quelque temps, comme on a pu le faire pour Bob Marley. Et si tous ces hommes incroyables n'étaient pas des messies mais des bardes, des shamans à écouter un peu plus en profondeur, avant d'en faire des icônes marketing ou des objets d'interrogations sur la gestion des droits des artistes ?

Je ne cesserai d'écouter et de reécouter ses albums, surprenant par leurs arrangements si fins, si improbables, proposant une nouvelle couleur à chaque écoute.

Merci l'artiste, vive la culture, vive le roi et "au suivant" comme disait le grand Jacques !

lundi 6 juillet 2009

Entorse, suite

Samedi donc, en descendant un chemin caillouteux, je me fais une entorse, avec un joli craquement qui nous fait dire au moment où on l'entend "et merde!". La dernière fois que j'avais entendu un joli son de bois sec, c'était l'an dernier lorsque je m'étais héroïquement pété la jambe en jouant au foot. Cela m'avait valu de partir à Madagascar en béquille, avec un plâtre de 6 tonnes. Bon mais alors là, je suis bleuffé. Cela fait deux jours que ma cheville s'est tordue, elle a gonflée, est devenue bleue, et puis plus rien... Aujourd'hui elle est redevenue normale, complètement, je n'ai pas mal, comme si rien ne s'était passé. Vous le savez peut-être mais cela fait maintenant quelques années que je m'intéresse de près au lien corps - esprit, à la force de l'inconscient qui peut-être dirigé sous hypnose et auto-hypnose, que je pratique. J'ai pu par exemple me soulager de crise de migraines intenses grâce à ces techniques de concentration. Ma fracture de la jambe s'était également étonnement bien soignée, sans aucune séquelle, malgré des risques de complication bien présents. Cette fois j'ai essayé une chose, concentrer mon énergie sur la remise en état de mon extrêmité. Je me suis donc senti super crevé pendant deux jours, avec une faim intense également. Aujourd'hui ma cheville est comme neuve. Je vais donc reprendre un équilibre normal. Je ne peux bien entendu pas affirmer ou mesurer scientifiquement l'efficacité de ces actions, mais en tous cas, que ce soit psychologique ou non, cela fonctionne et c'est génial ! J'en suis le premier surpris, à chaque fois.

Je suis où à votre avis? Attention, j'ai mis une perruque !

J'ai toujours aimé faire des entorses au réglement !

Valle Grande, à 35km de San Rafaël

samedi 4 juillet 2009

Passage à niveau à Maipu

Passage à niveau à Maipu

Passage à niveau à Maipu 2

Route des vins à MENDOZA, balade à vélo et vue sur la cordillères des Andes, une splendeur !

Les Andes depuis Maipu

vendredi 3 juillet 2009

Grippe grippe grippe Hourra

Ce matin l'état d'urgence sanitaire a été décrété en Argentine : Fermeture des lieux publiques pendant 20 jours, c'est-à-dire, plus de bars, restaurants, musées, ...

Ici, quand l'état commence à parler des problèmes, c'est qu'ils sont vraiment là !

Le nombre de morts a doublé en 2 jours, on en comptait 46 ce matin. Après j'ai arrêté de compter, j'ai pris le car !

Bon, la situation est préoccupante à Buenos Aires, où la densité de population est très importante.

Le Chili a pété les records également en terme de contamination, donc pour ma part, je vais rester du côté des Andes argentines et passerai au Chili plus tard pour aller voir à Valparaiso la maison de Pablo Neruda. Je le ferai en revenant de mon ascension vers le nord qui, peut-être ira jusqu'en Equateur finalement.

Pour le moment je suis à San Rafaël, mignonne petite ville au sud de Mendoza ayant parait-il un environnement exceptionnel. Je vais aller voir tout ça les jours qui viennent, avec une petite cession de ski à Las Lenas.

Je loue un petit appartement chez les parents de Louis, un ami argentin de Nantes que j'ai connu à un stage de coaching. Ils sont charmants et je crois que je vais également pouvoir trouver de la matière au projet des cousins... Je vous en dirai plus un peu plus tard.

pour en revenir à nos cochons, on peut constater des queues interminables devant la banque Argentine, quand je dis interminable c'est vraiment interminables, plusieurs centaines de mètres.

Les mesures sanitaires y sont pour quelque chose bien sÛr puisque l'on ne peut désormais faire entrer les gens ensemble dans la banque mais une seule personne à la fois.

En plus de la grippe, le pays essuie, comme il en a l'habitude depuis des années, d'autres crises. La plus forte en est une politique. Les élections de dimanche dernier ont permis à l'opposition de gagner des sièges dans les principales villes du pays, leur permettant ainsi d'obtenir un réel contre-pouvoir.

Queue à la banque en Argentine

Le pouvoir et l'équilibre économique s'en voient donc déstabilisés. Le fait est que le gouvernement Kirshner semble être un fruit pourri de l'intérieur, faisant tout pour s'enrichir en sauvant le mieux possible la face.

Or, cette face devrait bientôt tomber. L'opposition ne va plus permettre de laisser faire tout et n'importe quoi et les "arrangements" réalisés auparavant risquent fort de devenir caduques. Cette hémorragie devrait voir emporter avec elle le cours du pesos et on devrait assister à une dévaluation, une de plus.

Les argentins se pressent donc à la banque, sans doute pour changer de la monnaie Argentine en dollars ou euros.

Tout se fait dans une ambiance bon-enfant, avec le sourire, comme dans une atmosphère d'apocalypse acceptée ou bien de confiance en un lendemain prometteur, ou tout simplement parce que le mieux à vivre ici c'est le présent, ni plus ni moins.

Alfajores, les gateaux magiques !

Voilà quelques semaines que je navigue en Argentine et je n'ai pas encore écrit au sujet des Alfajores.

Pour ceux qui ont un peu de mal avec l'accent espagnol, en phonétique ça peut donner à peu près un truc indicible.

Alfaroje

Quel est donc le mystère qui se cache derrière ce mot déjà évocateur de douceur, de profondeur et d'invitation au voyage ?

Que se cache-t-il dans la nappes de ce met, cet élixir magique qui à tous les coups fait briller les yeux des femmes et ne nécessite rien d'autre qu'une évocation pour immédiatement positionner un échange dans de bonnes conditions ?

Cette potion incroyablement efficace, digne des meilleures recettes du grimoire de Panoramix, oh, notre druide, est ce qu'on appelle ici le "Dulce de leche" ou littéralement douceur de lait. En fait il s'agit de confiture de lait, c'est-à-dire une réduction lente d'un mélange riche de lait et de sucre, cuit jusqu'à donner une pâte caramélisé savoureuse et onctueuse.

Ce dulche de leche n'est pas l'"Alfajor", mais l'Alfajor en contient le plus souvent.

L'Alfajor est un gâteau rond de la taille d'un cookie, qui garde précieusement entre ses deux biscuits, craquants ou plus tendres, une mousse de chocolat, de café ou d'autres parfums, une caresse de dulce de leche, le tout souvent enrobé de chocolat blanc ou noir.

Autant vous dire que pour les gourmands, ce petit plaisir devient vite un pêché mignon qu'il est sage de contenir un peu.

Ce qui est très étonnant dans ce pays d'ailleurs, c'est la taille, la silhouette des femmes. Il existe tellement de tentation et de nourriture grasse ou sucrée, qu'il est vraiment surprenant de voir 80% des femmes rester minces, à tout âge.

Il n'en est pas vraiment de même pour les hommes. On m'a dit ici que la "pansa" ou brioche, bedaine, abdos Kro, ou autre bide, est sexy chez les hommes de plus de trente ans !

C'est peut-être vrai car en effet, beaucoup arborent dette proéminence en figure de proue corporelle.

Pour en revenir à l'Alfajor, il est comme une promesse de douceur, réservant ses surprises de parfums, de textures, d'états, liquide, mousseux, solide, le tout dans une papillote de chocolat, comme écrin à un bijou quotidien.

mercredi 1 juillet 2009

Lac à Mendoza, au loin, la cordillères des Andes

Bord de lac à Mendoza

jeudi 25 juin 2009

Doux rêves

Ce matin j'ai appris la mort d'un ami.

ciel et terre

Voilà comme ça, pour rien, sans raison, il n'est plus.

Je pense à ceux pour qui il était très proche, je pense à mes amis, loin, que j'aimerais pouvoir soutenir de ma présence, un peu.

Sans doute cet événement, en plus de la perte de l'être, nous rapproche-t-il chacun un peu plus près, un peu trop près de notre finitude.

Je n'ose pas imaginer la douleur de la famille, de ses amis d'enfance, des personnes dont je sais qu'il a partagé toute sa vie ou presque.

J'y ai pensé aujourd'hui, beaucoup, chaque respiration devient un cadeau encore plus précieux lorsqu'on est mis devant l'évidence que l'on connaît tous pourtant : Passer de vie à trépas peut se faire à n'importe quel moment.

Chaque seconde de cette vie est d'une richesse que l'on imagine pas, chaque instant est perdu si on ne le savoure pas.

Je pense que je vais emporter dans mon sac les quelques moments partagés avec lui, à discuter de tout, de rien, de la vie, de la mort, à refaire le monde à cinq heures du matin en mangeant un saucisson pas très bon, mais juste symbole d'un partage et d'une envie d'être ensemble. Tu te souviens, la dernière fois, la toute dernière de toutes les fois.

Je verserai quelques mots à l'oreille du vent, quelques pensées sur la cime des volcans, quelques souffles à Valparaiso, des sentiments confus peut-être sur le Macchu Piccu, ou bien encore juste certainement, je respirerai chaque bouffée de cet air enivrant pour me souvenir toujours de la chance d'être encore vivant.

Je pense à vous mes amis, je vous embrasse et me tords de vous savoir si mal.

Demain la terre reprendra son enfant, dans son corps chaud, son enveloppe protectrice.

Dors bien Monsieur et que tes rêves soulèvent les temps pour te revoir un jour riant.

mardi 23 juin 2009

Buenos Aires, derniers jours

J'ai passé un peu de temps à prendre du temps. Je reste à Buenos Aires jusqu'à demain soir sans doute. Je vais alors prendre un car en direction de Mendoza, avant de continuer cap à l'ouest vers Santiago du Chili. Le Chili est parait-il "increible", avec ses plages, Valparaiso, ses stations de skis à une heure de route de la plage ! Vamos a ver esto !

Je suis super content de bouger vers de nouveaux paysages. Suite à cela, selon mon programme du jour, qui vous le savez change tout le temps, je prévois de revenir en Argentine, faire le tour nord, dans la région de Salta, remonter jusqu'en Bolivie, les lacs salés et continuer encore jusqu'au Pérou pour aller voir ce lieux mythique qu'est le Macchu Piccu. C'est un rêve de gosse.

J'ai toujours été très attiré par les sagesses millénaires et je me souviens de mes livres de mômes sur les sagesses d'Amérique centrale et d'Amérique du sud.

Je vis un rêve. Chaque jour est un cadeau.

Je reste encore une journée de plus à Buenos Aires pour faire ce que j'ai à y faire. Hier, je dînais avec Ryan, un américain dans un restau de parilla (grillades) et en commençant à parler avec le chef, il a commencé à me raconter l'histoire de sa famille.

Son grand-père est français... Je dois donc le voir demain pour tourner, rencontrer sa maman également.

J'adore. Mon travail est vraiment hyper difficile, il consiste à sortir, parler avec des gens, rire, partager et enregistrer cela pour ensuite encore m'émerveiller des richesses des gens !

Pour le moment,je vais faire du sport, 1h30 par jour tous les matins, essentiel pour rester ok et pour que mon corps puisse rester opérationnel avec autant de viande savoureuse, de bière et d'alfajore de chocolate !!!!

Je préfère tourner ce que je peux ici tant que j'y suis. Je crois que j'ai beaucoup aimé Buenos Aires et que je vais adorer le reste. J'y reviendrai, je ne sais pas quand. Je pense que je pars pour un bon mois dans ce petit périple nordique. C'est déjà presque pénible de quitter certaines connaissances qui deviennent des amis, mais c'est ainsi que les choses évoluent, en bougeant, en étant dynamiques, toujours.

Premiers tours de caméra

Je récupère donc la caméra chez Pacifico. Je suis un peu comme un gamin qui va chercher un jouet, très content ; un peu d'appréhension me chatouille le fond de la gorge. Je rencontre Olivier, super sympa, il m'a tout préparé, du pied (de caméra) jusqu'à la tête (de lecture) pour laquelle il m'explique que le chariot de chargement de la cassette est un peu lent parfois ! Il me raconte aussi l'histoire de ma nouvelle partenaire, volée en Afrique puis rendue par je ne sais quelle bande armée ; tombée d'un ULM avec Régis... enfin quelques péripéties qui me rende cet instrument tout de suite plus humain.

Il me prête également un micro cravate, des cables, le sac et la facture. Ah oui lu dis-je, bonne idée, on risue peut-être de m'emmerder en Argentine !"Ah non, en Argentine tu es tranquille, c'est la douane française qui peut te faire des misères !..."

Voilà, je repars donc à Nantes avec ma camarade de jeux de ces prochains mois, nous allons devoir faire connaissance. Je commence un peu à regarder le manuel de l'utilisateur dans le train de retour. On peut tout apprendre, il n'y a pas de raison que je n'y arrive pas, au moins vais-je essayer de m'en sortir avec des images regardables.

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