Tucuman ou plutôt San Miguel de Tucuman est une ville que j'ai senti un peu étrange. Elle est située dans le nord-ouest du pays, à 1 086 km au nord-ouest de Buenos Aires.

De très jolis édifices magnifiquement éclairés de nuit révèlent son histoire très importante. Des bâtisses coloniales somptueuses dialoguent avec le passé. C'est ici que fût signé la déclaration d'indépendance des provinces unies d'Amérique du sud, de l'Espagne. Je me rends compte que ma culture générale est finalement très réduite à la toute petite Europe et je suis heureux d'apprendre tout cela. L'Espagne dirigeait en effet les provinces jusqu'à ce que les descendants des espagnols, des français aussi, des italiens... natifs du nouveau monde, veuillent vivre dans des états indépendants de la mère coloniale. C'est donc ce qui s'est passé à Tucuman, après des guerres sanglantes entre les armées unies et les soldats espagnols. J'ai assisté à une représentation des moments de l'indépendance très instructive et assez vibrante sur la notion d'appartenance à une terre, à une patrie. Ce sentiment est vraiment particulier ici, en Argentine, il existe, il est fort, des drapeuax ornent toutes les villes, les balcons des centre-villes, les retro-viseurs des voitures, les chaises des restaurants. C'est un pays immense pourtant. Je dis pourtant car cela complique d'un certain sens le sentiment de cohésion. les cultures y sont différentes, très différentes d'un côté à l'autre de l'Argentine, avec des changements impressionnants. Buenos Aires est une ville européenne, Tucuman par exemple semble l'être mais la mentalité ici est très particulière. On a beaucoup plus l'impression d'un conservatisme macho. Cela ressemble plus à un grand village où la vie del campo (de la campagne) préside à l'organisation.

Tucuman est nommé "Jardin de la République" pour ses cultures très riches en cannes à sucre et en citron (premier exportateur mondial) notamment. Elle était avant l'effondrment du prix du sucre de cannes, une rivale sérieuse de Buenos Aires sur le plan économique. Elle reste toutefois puissante.

La nature explose dès que l'on sort de la ville et des bidon-villes récents qui la borde. Les paysages sont magnifiques. La multiplicité des essences d'arbres permet à l'hiver de rester très vert, malgré la forte présence d'arbres à feuilles caduques. Les sons étonnent, les cris des oiseaux me surprennent et me font penser aux enregistrements de la forêt amazonienne que j'ai pu entendre. Le grand barrage fait naître un lac splendide avec vue sur les montagnes. Le barrage a été ici un lieu de découverte macabre après la dictature. Une sécheresse inédite a mis à jour les restes des rebelles, tous fusillés et jetés dans le lac.

Sur le mont (cerro) San Javier existe un Christ, el Cristo Bendicente de San Javier, comparable à celui qui surplomble la baie de Rio (qui n'est pas le plus grand du monde, contrairement à ce que je croyais). Celui-ci est plus petit mais atteint quand même ses 28m de hauteur pour 1,35 tonnes. Il est né en 1942, on ne sait pas si il continuera à grandir! :-) Après, les miracles....

(Bon sur la photo, on a l'impression qu'il lève le doigt pour dire un truc mais personne ne lui a donné la parole encore, c'est balot!)

J'ai un sentiment contrasté ici de post-modernisme exacerbé et de conception d'un autre âge ou bien d'autre latitude, ceia dit c'est bien normal finalement. Par exemple, une amie argentine me racontait qu'en France, certaines personnes croyaient qu'en Argentine il n'y avait pas d'auto, pas de DVD... bon je vous rassure c'est loin d'être le cas !

Cinq minutes après, elle me racontait que dans l'intérieur du pays (en Argentine), elle s'est trouvée une fois dans une discothèque avec deux amies et deux amis.

Les hommes du coin, voyant ces jolies femmes inconnues se trémousser ont tout simplement proposéaux deux gardes du corps d'échanger mon amie contre une camionnette ! Incroyable. Alors que mon amie vaut facilement un ou deux camions finition luxe et jantes en argent! :-p Je plaisante bien sur.

Cependant, je pense qu'à mon retour en France, je vais organiser des stages de connaissance du machisme pour toutes mes copines françaises qui pensent qu'aller faire du foot avec ses potes ou se faire un week-end trekking sans femmes (parce qu'elles n'avancent pas (nous on est bien des boulets en shopping remarquez !)) est un manque de respect du couple. Moi je vous le dis, tout est relatif !

Source de l'image : http://www.fsa.ulaval.ca/personnel/vernag/EH/GIF/albanie_machisme.GIF