Premier essai, peut-être d'une série, je décide de faire le portrait des gens que je rencontre pour vous faire partager ces moments. Ce seront des morceaux choisis, des rencontres choisies, pas par plaisir, j'aimerai vous faire connaître la diversité de toutes ces personnes qui croisent mon chemin, mais parce que je ne pourrai faire le portrait de tous, toutes mes journées n'y suffiraient pas.

Aujourd'hui je vous présente Sandrine et Peter.

Elle, est française, travaille dans une banque et est à deux doigts de terminer sa thèse en mathématiques. Sandrine est en congé de maternité. Lui est hongrois, travaille dans la finance, en ce moment en vacances d'interjob dirons-nous. Peter est très présent et s'implique beaucoup dans le travail que représente le fait d'avoir un enfant, même si manifestement, ils ne le prennent pas comme un travail. Ils vivent à Londres depuis 7 ans. Laura, leur première petite fille a 6 mois... Ils voyagent depuis 3 mois. Certains les prennent pour des fous de voyager avec une toute petite fille. Ils sont très très loin d'être fou. Je les rencontre dans une excursion à Cachi, petite ville située à 150 km de Salta. L'une des particularité de cette excursion est le passage d'un col de 3348m. Il est 7h00 du matin lorsque l'on part de Salta, il fait -5°c. La petite est adorable, sourie tout le temps et en deux heures devient la mascotte du bus. Elle a les yeux couleur du ciel de Cachi dira le chauffeur... Et quand on a connu cette lumière une fois dans sa vie on ne l'oublie pas. Les deux jeunes parents sont extrêmement décontractés, le bébé adopte la même attitude. Il est en bonne santé ce bébé, une chance certainement accentuée par son exposition à de multiples microbes et donc une faculté de résistance et d'adaptation accrue. La peur, les parents la font leur et l'amadoue comme si de rien n'était. Le bébé passe de bras en bras et il s'en porte plutôt très très bien.

Nous sommes loin, très loin des atmosphères aseptisées européennes. La vie s'est chargé (malheureusement) d'apprendre à ces jeunes gens à quel point elle est précieuse cette vie et qu'il est donc bon de la vivre le plus pleinement possible, en évitant les pièges des craintes à toutes volées. La pause du voyage ils se l'autorisent depuis longtemps, mais cette fois c'est une longue pose pendant laquelle ils profitent pleinement de la petite, la voit grandir avec émerveillement, s'adapter aux situations et ... sourire. Ce sourire d'enfant leur redonne à eux, à nous, adultes, le sourire franc de la découverte du monde, le temps de la candeur, de l'échange simple, que nous avons tous en nous la possibilité de retrouver.