Pour compléter mon post, je vous propose quelques extraits de Mystères de la sagesse immobile du Maître Takuan écrit au XXVIè siècle.

"Ce monde est comme un rêve, il n'est pas perpétuel. On est content de rassembler beaucoup de biens et de trésors, mais c'est comme en rêve, on obtient de l'argent, on le prend pour de l'argent réelet on s'en réjouit infiniment, mais une fois éveillé, on s'aperçoit que ce n'était pas de l'argent. Dans le rêve, on ne sait pas que l'on rêve. (...)

On construit une maison et un pavillon magnifiques, mais on ne sait pas qu'ils sont des mirages et des châteaux de fantômes. Les gens en sont contents parce qu'ils les prennent pour réels. Les conflits avec les autres sont des rêves. (...)

Seulement la voie du rire est entendue dans le ciel. (...)

Lorsque les autres sont bien habillés, moi aussi je veux être bien habillé afin de ne pas leur être inférieur. Lorsque les autres construisent une bonne maison, moi aussi je construis une bonne maison afin de ne pas leur être inférieur. Mais le meilleur est d'avoir un esprit correspondant à son niveau. Lorsque les autres manifestent leur intelligence, je leur fais concurrence afin de ne pas leur être inférieur. Tchouang-CHeng (...) disait "l'intelligence est un instrument de querelle."

Lorsque les autres occupent une situation supérieure, je les concurrence afin d'occuper une situation supérieure.

Lao-tseu a dit dans Traité du principe et son action : "L'eau coule vers le bas, Donc il n'y a pas concurrence."

S'il n'y a pas de raison d'être cupide, l'absence de cupidité n'est pas tellement excellente. Si on est sans cupidité, avec une raison, c'est encore mieux. On connaît la valeur du trésor et lorsqu'il faut en faire l'aumône, on fait l'aumône, lorsqu'il faut l'abandonner, on l'abandonne, et lorsqu'il faut le prendre, on le prend.

C'est pourquoi un dicton Zen nous dit : "L'homme vertueux aime les biens matériels et il a la voie pour les acquérir.""